May 04, 2004

A European perception of the American perception

This is an article on how the French perceive the American view of the enlargement... Mixed feelings. The basic idea is that Washington hopes the new members will make the EU more pro-american. Some neocons, though, believe that a bigger Europe will slowly drift away, and be more independent.

According to a European observer in Washington, the Americans "don't understand the European Union." It looks too much like NATO. Anyway, they are too busy dealing with Iraq and the coming presidential election.

Le MOnde - L'Amérique espère que l'Union à 25 penchera du côté de la "nouvelle Europe"

L'Amérique espère que l'Union à 25 penchera du côté de la "nouvelle Europe"

LE MONDE | 28.04.04 | 14h28
A Washington, on compte sur les dix Etats adhérents pour "atlanticiser" l'UE. A l'inverse, certains "néoconservateurs" craignent que celle-ci ne s'éloigne, avec le temps, des Etats-Unis.
Washington de notre correspondant

S'ils n'étaient pas accaparés par l'Irak, le Proche-Orient et l'élection présidentielle de novembre, les responsables américains s'intéresseraient sûrement à l'entrée de dix nouveaux pays dans l'Union européenne. Mais, dans le contexte des dernières semaines, l'événement a les plus grandes chances de passer inaperçu outre-Atlantique, même si la délégation de l'UE à Washington a été contactée par plusieurs magazines à la recherche d'informations sur la "nouvelle Europe".

Pourtant, vu de la capitale américaine, l'élargissement est favorable aux intérêts des Etats-Unis. "Traditionnellement, nous soutenons l'extension de l'UE", rappelle Philip Gordon, un ancien de l'administration Clinton qui dirige le Centre d'études sur les Etats-Unis et l'Europe à la Brookings Institution, un des grands think tanks (groupes de réflexion) de Washington. "Les nouveaux membres modernisent leurs économies sans que cela ne nous coûte rien, explique-t-il. Les mauvais côtés - fonds structurels, problèmes d'immigration - ne sont pas pour nous. Et nous pouvons espérer que l'élargissement aura pour effet d'"atlanticiser" l'UE." Jacqueline Grapin, qui préside l'Institut européen de Washington, confirme que les Etats-Unis "comptent beaucoup sur la "nouvelle Europe" pour garder l'UE dans le giron américain".

L'expression "nouvelle Europe" a été lancée par Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la défense, en janvier 2003. Au plus fort de l'opposition de la France et de l'Allemagne aux visées de George Bush sur l'Irak, M. Rumsfeld avait qualifié ces deux nations de "vieille Europe" et fait l'éloge des pays d'Europe centrale et orientale, en instance d'intégration dans l'UE et qui, eux, soutenaient Washington. Jacques Chirac avait répondu que ces pays avaient "perdu une occasion de se taire" en prenant position pour les Etats-Unis.

Fin mai 2003, à Cracovie (Pologne), M. Bush s'était insurgé contre les propos du président français. Ces pays n'ont pas fait tout ce chemin, à travers occupations, dictatures et révoltes, pour s'entendre dire qu'ils devaient "choisir, maintenant, entre l'Europe et l'Amérique", avait déclaré le chef de la Maison Blanche.

Cinq des nouveaux membres - l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la Slovénie - ont été accueillis en grande pompe, le 29 mars, à Washington, dans les rangs de l'OTAN, un mois avant leur intégration dans l'UE. La Hongrie, la Pologne et la République tchèque font partie de l'Alliance depuis 1999. Les Etats-Unis font déjà campagne pour que la Bulgarie et la Roumanie, les deux autres nouveaux partenaires de l'OTAN, soient admises, à leur tour, dans l'UE. "Pour les Américains, l'UE, c'est un peu comme l'OTAN. Ils ne comprennent pas ce que signifie l'Union européenne", estime Mme Grapin. Certains, pourtant, s'inquiètent. Marian Tupy, un économiste slovaque qui suit les questions européennes au Cato Institute, fondation ultralibérale, raille les néoconservateurs de l'American Enterprise Institute, pour qui, dit-il, "tout ce qui renforce l'Europe est mauvais pour l'Amérique". En fait, les avis sont partagés. Certains font le pari que, plus l'UE s'étend, moins elle s'approfondit, et que cela complique la formation d'un contrepoids politique à la puissance américaine. D'autres estiment, au contraire, que l'élargissement ne peut qu'accroître la puissance européenne, et que les nouveaux adhérents, pour atlantistes qu'ils soient aujourd'hui, s'éloigneront inévitablement, avec le temps, de Washington.

Aux yeux de Jacqueline Grapin, c'est là une "position intellectuelle". Pour le moment, la réalité est que les pays d'Europe centrale et orientale "sont proches des Etats-Unis" et comptent sur eux pour leur sécurité, face à une Russie dont ils ont peur. Ils n'entreront donc jamais dans une stratégie qui aurait pour effet d'affaiblir l'Amérique. Aussi un responsable du département d'Etat peut-il affirmer, dans un entretien officieux, que les Etats-Unis considèrent l'Union européenne élargie comme leur "partenaire primaire" et n'ont "pas le moindre désaccord avec son existence"...

"Plus d'Europe ne signifie pas moins d'Etats-Unis", a assuré Anthony Wayne, un des adjoints du secrétaire d'Etat, dans un discours prononcé à Graz (Autriche), le 2 avril, au sujet de l'élargissement. Ce jugement, pourtant, ne se vérifie pas à 100 %. Ainsi, Washington s'est efforcé d'obtenir des nouveaux membres qu'ils signent, au préalable, des accords afin d'exempter les Américains de poursuites éventuelles devant la Cour pénale internationale (CPI). L'échec a été complet. Plus facile : l'application par ces pays du tarif extérieur commun et de la politique agricole commune aura des conséquences pour les exportateurs américains, qui demandent des compensations à l'UE. Ils devraient les obtenir.

Patrick Jarreau

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.04.04

Posted by Francis Pisani at 09:30 AM | Comments (0)

April 29, 2004

Chirac sees long timetable for Turkey's integration

In a press conference Jacques Chirac postponed the possibility of accepting Turkey in the EU for 10 to 15 more years. One of the parties of his majority coalition opposes it. The French President said that it is "an important issue" and that it should be accpeted trhough parliamentary vote or referendum by all EU members. This could be a verylong process indeed...

Le Monde - Chirac repousse à dix ans l'adhésion de la Turquie

Chirac repousse à dix ans l'adhésion de la Turquie
LEMONDE.FR | 29.04.04 | 13h59 • MIS A JOUR LE 29.04.04 | 15h20
Au cours de sa conférence de presse, jeudi 29 avril, à l'Elysée, consacrée à l'élargissement de l'Union européenne, le 1er mai, le président de la République, Jacques Chirac, évoqué l'ensemble des sujets liés à la construction européenne, de la ratification du traité portant sur la Constitution européenne à la candidature de la Turquie à l'Union, via l'Europe sociale et la puissance économique européenne dans le monde avec le passage à une Union à 25 membres.
Le président Jacques Chirac s'est adressé directement aux Français, jeudi 29 avril, lors d'une conférence de presse, à l'Elysée, devant près de 200 journalistes. En ouvrant la conférence sur sa vision de l'Europe, le président Chirac a insisté sur le moment historique que vont vivre les Européens avec l'élargissement à vingt-cinq membres de l'Union européenne.

Lors de la conférence de presse, le président Chirac a déclaré qu'il était "prématuré" de choisir entre la voie parlementaire et la voie référendaire pour adopter la Constitution européenne. Il fallait d'abord "procéder par étapes". Le Conseil européen des 17 et 18 juin devra se mettre d'accord sur le projet, puis les Etats devront le signer. Enfin, une fois en conformité avec la Constitution, selon l'article 54, qui impliquera une révision de la Loi fondamentale, "il reviendra aux Français de décider par voie référendaire ou voie parlementaire de l'adopter".

Sur la Turquie, dont l'adhésion est rejetée par l'UMP, le parti du président, et l'UDF, le président a affirmé que la question est "importante". "La Turquie a une vocation européenne depuis plusieurs siècles", a-t-il poursuivi. Mais il a rappelé que plusieurs éléments étaient nécessaires avant d'arrêter une position. La candidature turque soulève "deux questions : l'adhésion de la Turquie est elle souhaitable ? Et cette adhésion est-elle possible ?". Pour la première question, la réponse du président est "non". "La Turquie doit respecter les conditions d'adhésion. Ce n'est pas le cas", a-t-il déclaré. "La Turquie a déjà fait de profondes réformes pour s'adapter aux critères de Copenhague", selon le chef de l'Etat. "Mais encore faut-il les appliquer sur le terrain", a-t-il souligné.
Le président a rappelé la procédure d'adhésion : "La Commission européenne remettra son rapport au Conseil européen, qui devra prendre une décision. Soit le Conseil européen jugera qu'il est prématuré d'ouvrir des négociations et qu'il faudra attendre encore quelque temps avant de les engager. Soit il estimera que la Turquie remplit les critères de Copenhague et que les négociations pourront commencer dès 2005. Mais la vraie question est celle qui sera posée à chaque peuple de l'Union. Le dernier mot leur reviendra, soit par voie référendaire, soit par voie parlementaire." Mais pour la Turquie, le président a déclaré que les négociations pouvaient durer dix à quinze ans.

A propos de l'Europe sociale ou l'Europe libérale, le président a estimé que "suivre à fond l'une des deux dynamiques conduirait à une impasse. Il faut être réaliste". La France, a-t-il rappelé, est en tête du mouvement en faveur d'une Europe sociale, en matière de défense des services publics, de dialogue social, d'échange entre les partenaires sociaux et de coordination des politiques d'emploi. Le président a rappelé que "la France n'est pas suivie pas tous", notamment la "Grande-Bretagne", dont l'approche est plus libérale.

S'agissant de l'Irak, l'Union européenne fait confiance aux propositions de l'envoyé spécial de l'ONU, M. Brahimi, sur la reconstruction politique et économique du pays. Il a plaidé pour un transfert de souveraineté "urgent" en Irak "sous le contrôle effectif des Nations unies". Le président français a estimé qu'une solution fondée "sur une ambiguïté" concernant le partage des pouvoirs entre les forces de coalition et l'ONU serait "désastreuse". "Nous estimons qu'il est urgent, aujourd'hui, de rendre leur souveraineté aux Irakiens", a-t-il dit. Aujourd'hui, a souligné le président, "l'heure n'est plus à la fracture de l'Union européenne", mais il constate "l'émergence d'une conscience européenne à l'échelle des populations". Il se dit persuadé que les vingt-cinq membres de l'Union européenne approuveront à l'unanimité les propositions du représentant des Nations unies en Irak.

Sur le calendrier de l'élargissement, le président a insisté sur la détermination de l'Europe, notamment de la France, à respecter l'engagement d'accepter la Roumanie et la Bulgarie à partir de 2007 dans l'espace de l'Union.

Quant à la force de l'euro et au rôle économique de l'Union, Jacques Chirac a rappelé qu'il était favorable au texte de la Convention et hostile à tout changement en matière de politique monétaire, financière et économique.

Sur les autres sujets, comme la reconnaissance du génocide des Arméniens en préalable à l'entrée de la Turquie ou le plan Sharon dans les territoires palestiniens, le président Jacques Chirac a souligné qu'il ne fallait pas que "les problèmes bilatéraux interfèrent dans les critères d'adhésion" et qu'il se réjouissait que "de nouvelles perspectives s'ouvrent entre l'Arménie et la Turquie". A propos du plan Sharon, le président français a estimé que toute initiative unilatérale, comme le retrait de Gaza proposé par le premier ministre israélien, était "vouée à l'échec".

Lemonde.fr

Posted by Francis Pisani at 11:52 AM | Comments (0)

April 09, 2004

Witty New Yorker read on French bachelors abroad

O.k., so it's off topic, but considering our travels and our group's encounters with proposals for dates and even marriage, the article seems worth a smile for the play on stereotypes.

It's a small vignette in the New Yorker on a group of NY-based French bachelor businessmen who've started cocktail parties ("French Tuesdays"). The group of French expatriates has grown so big that Playboy magazine sponsored the last one where Rachel Hunter was the guest of honor.

It makes interesting observations about what the group considers a way to socialize in "the French way." The comments of the French men's views of American women and men are the best. ("American girls are very liberated, but the American men are uptight." "We French, we think the Americans are too gentlemen, they are afraid of the girls. So we make sure the girls don't get ignored.")

Some of this rang true in our travels, I think.

It's online!
PEPE LE PEW DEPT.
BRUSH-OFF

By Leslie Schillinger
http://www.newyorker.com/talk/content/?040412ta_talk_schillinger

or April 12, 2004 New Yorker (Eggs on the cover). It's page 30.

A year ago, when the French President, Jacques Chirac, declared that France would veto a United Nations resolution in favor of war against Iraq, “whatever the circumstances,” he probably did not consider the potential collateral damage it might do to French bachelors overseas.

But this circumstance was of grave concern to many Manhattan-based French businessmen. And so, on March 18, 2003—the day before the United States started bombing Iraq—Pierre Battu, a textile importer with the compact proportions and purposeful intensity of a Jack Russell terrier, decided to act in self-defense. He threw a cocktail party for French expatriates and the Americans who liked them. Fifty people turned up, mostly men; the evening was such a success that he held another the next month. Battu named the party “French Tuesdays,” and at the second one a lanky young banker named Georges Benoliel, fresh out of business school in Paris, showed up with a dozen young women. After a brief discussion of their mutual aims (more women), Battu invited Benoliel into the French Tuesdays junta, which included Battu and his partner in the textile business, Gilles Amsallem, who runs around snapping photographs.

Battu put up a web site so that he could post the party photos and explain his raison d’être. It reads, “You have a particular taste for red wine, cheese, smokers, you like bubbles, play pétanque, enjoy taking a few days off in Paris or Saint-Tropez, qualify yourself as a Francophile / Francophone, speak French or just enjoy to socialize the French way. . . . You have already qualified to join our happy, trendy, hip ‘French Tuesdays’ parties.”

By this winter, the party had evolved from a small monthly cocktail hour to a biweekly all-night extravaganza that moves among various large night clubs. When the group celebrated its first anniversary last month, at a place called Marquee, a party given by Playboy for its April cover model, Rachel Hunter, was bumped to an upstairs lounge in order to make room for the Frenchmen. Lucas Labat, a party regular, spent most of the evening surrounded by American women. He had theories. “American girls are very liberated, but the American men are uptight,” he said. “They want to be perfect, they get the chest wax, they wear nice clothes. We French, we think the Americans are too gentlemen, they are afraid of the girls. So we make sure the girls don’t get ignored.”

Battu elaborated. “We French have the image of being arrogant and loving women and wine and cheese and all that,” he said. “And, you know, it’s true, we are that way!”

Benoliel poured out jeroboam after jeroboam of champagne. “When American girls go to a party, they’re hoping to meet a man,” he said. “But the men keep to themselves and drink beer, and ignore the women. It is a terrible waste.”

Although the party was going strong, something was troubling Battu and his friends. Up in the lounge, Hunter and some model friends languished, their charms squandered on American men who, presumably, were drinking beer and ignoring them. Playboy guests wore special plastic bracelets that gave them access to the party. “Those girls were separated from us,” Battu said. “For us, the Playboy playmate—it’s an American icon! We couldn’t believe it when we heard Playboy would share this party with us. We thought we would meet our dream in reality! But no. They would not let us in, because of our heavy French accent.”

“I could not go there. I had no bracelet,” Benoliel said sadly. “The man at the rope wouldn’t let us pass.” He paused. “Except for Charles-Henry. Yes, Charles-Henry. He slipped in. Many times.”

Charles-Henry Kurzen, a twenty-five-year-old banker from Paris, happened to know a close personal friend of Hunter’s, and he was able to get past security. “I was determined to go upstairs, because Rachel Hunter was there,” Kurzen said. “She is a woman born in 1969—she is thirty-four!—but she is a beautiful, mature woman; a woman of character, a woman of history, a woman who has lived!” Kurzen tried to persuade Hunter to join his countrymen downstairs, but she declined. “Maybe because her party was a business gathering and she could not leave,” he speculated. “Maybe because she found me too young; maybe because she did not like the idea of a French party.” He thought a little longer. “Or maybe it was a question of chic. I do not know.”

— Liesl Schillinger

Posted by Sophia Tareen at 08:41 AM | Comments (1)

French right oppose's Turkey's candidacy

In France, the President's party has decided to publicly oppose Turkey's candidacy to the EU. The official position, which is that of the Union, is a "technical" one: if Turkey complies with the crtieria applied to all the others by the end of 2004, negotiations will start.

The French right is now saying that Europe needs to fix its "limits" and that accepting Turkey would "change its nature." Valery Giscard d'Estain, an ex-president who recently headed the process for drafting a constitution has the same position. It is a point of agreement with the extreme right and they want to make it an issue during the coming European election. It goes along the lines of those who in several European countires (Germany and Denmark, among others) insist on the "Christian" nature of Europe.

Some people on the left (Balibar among them) think that the richness of Europe comes from its inherent and historical diversity, but opposing Turkey's entry plays with powerful racist feelings that can be found accross the political spectrum. The issue is essential for the evolution of the EU, for the definition of Europe's identity, and for its relations with the Muslim world.

Le Monde

La droite française remet en question un engagement historique de l'Europe vis-à-vis de la Turquie

LE MONDE | 09.04.04 | 14h34

L'UMP entre en opposition avec le président de la République sur la candidature d'Ankara à l'Union. La "vocation européenne" de la Turquie avait été reconnue par de Gaulle en 1963
Le ministre des affaires étrangères français, Michel Barnier, a dû faire une mise au point, jeudi 8 avril, à propos des relations de la Turquie avec l'Union européenne : "La ligne de la France reste la même", a-t-il dit, après qu'Alain Juppé eut pris, la veille, le contre-pied de la politique officielle française en contestant, au nom de l'UMP, la vocation européenne de ce pays. A l'Elysée, on appuyait, jeudi, les déclarations de M. Barnier, en confirmant que la position de la France n'avait pas changé, et restait "celle que le président n'a cessé de répéter ces dernières années".

Le parti de la majorité est donc entré en opposition avec le président de la République et le gouvernement, sur une question qui promet de devenir l'un des sujets sensibles du débat préélectoral. Même si l'on fait valoir, à l'Elysée, que "chacun est dans son rôle" et qu'il ne s'agit là que du "jeu démocratique" normal, il est peu probable que les électeurs s'y retrouvent.

On sentait à vrai dire depuis quelque temps que la question turque posait quelques problèmes à la droite française. La perspective d'une adhésion, même lointaine, de la Turquie à l'ensemble européen est en effet contestée dans son principe sur deux fronts : par les droites extrémistes et souverainistes, décidées à en faire un de leurs thèmes de mobilisation pour les élections européennes, mais aussi par des milieux proeuropéens, notamment à l'UDF. Des hommes comme Valéry Giscard d'Estaing ou Jean-Louis Bourlanges se sont affichés comme farouchement opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Union.

En estimant, mercredi, qu'il faut fixer des limites à l'Union sous peine de la "dénaturer" et que la Turquie ne doit pas être dedans, Alain Juppé reprend les arguments de ces derniers. Il a reconnu qu'il avait "évolué" sur le sujet, et c'est peu dire.

M. Juppé, lorsqu'il était minis- tre des affaires étrangères, avait en effet activement défendu une vision stratégique des relations avec la Turquie : sa démocratisation, le rapprochement de ce grand pays musulman avec l'Europe pouvaient avoir un effet stabilisateur dans la région, et l'Europe avait tout à y gagner. Alain Juppé a été l'artisan de l'accord d'union douanière de 1995, qui faisait de la Turquie le pays non membre le plus étroitement associé à l'Europe. Il eut à le défendre contre la Grèce, contre une partie des députés européens, contre les socialistes français qui s'enflammaient soudain de compassion pour les Kurdes maltraités.

Ce n'était certes qu'un accord d'union douanière. Mais dès lors, et depuis l'arrivée de Jacques Chirac à l'Elysée, la France est considérée par les Turcs tournés vers l'Europe comme leur meilleur soutien dans l'Union. Cette idylle n'a connu que quelques incidents de parcours sans lendemain, quand les parlementaires français s'emparaient de la question du génocide arménien.

A de multiples reprises ces dernières années, Jacques Chirac a rappelé sa position invariable, la dernière fois avec peut-être un peu plus de prudence, lors du Conseil européen du 26 mars : "Les efforts de la Turquie en vue d'intégrer toutes les règles de la démocratie et de l'économie de marché sont indiscutables, a dit le président. C'est le rapport de la Commission -attendu pour octobre- qui nous permettra de décider s'il y a lieu ou non d'engager des négociations, qui seront longues, pour son adhésion."

La question qui est posée est donc de savoir si les changements introduits par la Turquie dans sa législation sont suffisants pour satisfaire aux normes européennes, et s'ils sont effectivement mis en œuvre dans la pratique. Pour les autorités françaises, c'est une question "technique". Aucune question de principe ne se pose en revanche sur la "vocation européenne" de la Turquie, sur sa légitimité à intégrer à terme, même si c'est dans longtemps, l'ensemble européen.

C'est sur ce point qu'Alain Juppé a rompu, mercredi, avec la position officielle.

Le débat sur la Turquie n'est pas propre à la France. Le chancelier Kohl avait en son temps mis les pieds dans le plat en faisant référence à l'héritage chrétien de l'Europe ; l'Union chrétienne-démocrate (CDU) lui emboîte le pas aujourd'hui, de même que d'autres démocrates-chrétiens et diverses extrêmes droites européennes, notamment au Danemark. Mais la position officielle de la France ne lui est pas propre non plus : c'est la position officielle de l'Union.

Ce qui fait la particularité de la Turquie dans le débat sur "les limites de l'Europe" c'est, plus que sa petite partie de territoire située en Europe continentale, l'engagement historique qu'avaient pris envers elle de Gaulle et Adenauer en 1963, impulsant un accord d'association qui proclamait la "vocation européenne" de ce pays. Pendant de longues années, l'évolution politique tourmentée de la Turquie a épargné aux Européens d'avoir à se préoccuper de cette promesse ; la Turquie n'était pas même reconnue comme pays candidat.

C'est en 1999, au sommet d'Helsinki qui trace les grandes lignes de l'élargissement jusqu'en 2005, qu'Ankara se voit reconnaître le statut de candidat. Le texte d'Helsinki est sans ambiguïté sur le fond : "La Turquie, dit ce texte, est un pays candidat, qui a vocation à rejoindre l'Union" quand il aura rempli les critères de conformité définis en 1993 à Copenhague. En 2002, lors d'un autre sommet à Copenhague, les Quinze font un grand pas de plus vers Ankara. Si la Turquie répond aux critères fin 2004 (ce sera l'objet du rapport de la Commission en octobre), "l'Union ouvrira avec elle des négociations d'adhésion", déclare le sommet dans ses conclusions.

Claire Tréan

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.04.04

Posted by Francis Pisani at 08:38 AM | Comments (0)

April 05, 2004

Autonomy with cooperation: European defense

This is a couple of weeks old, but it came up as I searched on defense and security policy. It takes a longer view of transatlantic relations and postulates that the rift between the two continents, particularly focusing on Frano-American relations, is not long term. That is, of course, without taking into consideration who is in the White House.

But, Noelle Lenoir, the French minister for Europe Affairs in the Ministry of Foreign Affairs, argues again what we have heard as the official line from the French government, and from what I've gathered talking to defense experts -- Europe and the United States must cooperate, that our aims overlap, and Europe must have autonomy with military planning and capacities.

Basically, it's the message that Europe is ready to step up militarily in the world, but it needs US cooperation while preparing to step out from America's shadow.

Taipei Times - West against the rest?

The West against the rest?
Europe and the US have reacted differently to the threat of terrorism in their midst, but that does not mean Europeans are anti-American

By Noelle Lenoir

Wednesday, Mar 24, 2004,Page 9

The Madrid bombings have made Europeans feel the scourge of terrorism in their bones. March 11 is now Europe's version of Sept. 11 in the US. Yet the US and Europe often do not seem to see the world through the same glasses: Spain's response to the terrorist attacks -- a threat common to all democracies -- was to vote in a government promising an end to pro-US policy on Iraq. Does this mean that Europe and the US have dramatically different visions?

Part of the seeming disconnect on foreign policy emerges from a misunderstanding about what "Europe" is about. The European project is a realist's response to globalization and its challenges. It was initiated to create "solidarites de fait," promote political stability, and consolidate democracy and Europe's social model. Having achieved these goals, Europe now wants to make a positive contribution to world developments.

This is not nostalgia for past glory. An unprecedented degree of solidarity now exists across Europe, as was apparent in the collective mourning and outpouring of sympathy toward Spain; we must build on that huge potential to create a logic of solidarity in the world.

The US, also victim of a horrendous attack, feels drawn to the world, but not to promote a similar model of cooperation. Rather, in defending their values and security, Americans strive to defend the world, especially the Western world, from dark new threats. The messianic idealism that liberated Europe from Nazism and protected Western Europe from communism is now directed at other enemies.

With all the attention devoted to strained transatlantic relations, it is easy to overlook how often our preoccupations overlap. On issues such as terrorism, weapons proliferation, Iran, Afghanistan (where we jointly train the country's future army), and Africa (where French initiatives with US support recently succeeded in stabilizing the Ivory Coast and Congo), Europe and the US speak with a common voice. But on some issues, such as the Iraq war, Europeans are not all ready to follow the US blindly.

The world -- Europe in particular -- has fascination and admiration for the US. But today we must move away from fascination and gratitude and realize that the pursuit of European integration remains in the best interest of the US, which has supported it for 50 years. In today's world, there is clearly work for two to bring about stability and security, and in promoting common values.

In particular, the Franco-German "engine" of Europe should not be seen as a potential rival to the US. France and Germany are not an axis aspiring to be some sort of an alternative leadership to the US. Rather, the two countries form a laboratory needed for the internal working of the EU. Anyone who thinks we are building a European rival to the US has not looked properly at the facts.

Indeed, France and Germany do not get along naturally. Much sets us apart: EU enlargement, agriculture and domestic market issues. So it is not the sum of the two that matters, but the deal between the two, which should be viewed as a prototype of the emerging Europe. It is in that process, mostly inward looking, that France and Germany claim to make Europe advance.

So I do not believe that a lasting rift looms. Most Americans still see in Europe a partner with largely the same aims in the world. Most Europeans see in the US a strong friend. We are all allies of the US; our draft constitution restates the importance of the NATO link; our strategy for growth and our contribution to global stability depend on the irreplaceable nature of our relationship with the US.

This is why the US should encourage the development of a common European security and defense policy, which is merely the burden-sharing that the US has been pressing on Europe for decades. We must forge greater European military capacities simply to put in place a mechanism that allows us to stand effectively shoulder to shoulder when terrorism or other catastrophes strike one of our democracies, as just happened.

But we must also establish an autonomous European military planning capacity, because the EU might need to lead its own operations, perhaps because NATO is unwilling to. We French are opposed to building a "two-speed" Europe. But we want structured co-operation -- meaning that some European states may press ahead in defense capacity -- because we are not prepared to let the more cautious and hesitant dictate a recurrence of the Balkan tragedy of the 1990s, when Europeans couldn't act and the US wouldn't (for a while). The creation of such a capacity will make the EU a more effective transatlantic partner.

So it is hard for Europeans to understand why plans for closer European integration should be seen as anti-American. The only way to arrest such fears is through closer and more frequent dialogue. On defense and security matters, the EU's security doctrine provides a great opportunity to build on our common worries: terrorism and non-proliferation, but also the need to ensure sustainable development in all quarters of the world.

Europe and the US must pursue their aims in cooperation, while ensuring that such cooperation never becomes an alliance of the "West against the Rest." Some in the West have tried to conjure a "Clash of Civilizations" out of our troubled times. Our task is to find a way to stand together without standing against anybody in particular.

Noelle Lenoir is France's minister for Europe and a former member of the Constitutional Court, France's highest court, and has taught law at Yale University and the University of London.

Posted by Andrew Becker at 12:04 PM | Comments (1)

Defense equipment tug-of-war

This is for all you defense-industry buffs. It's another example of friction between US and France and defense. Now the pressure comes from Wall Street. EADS is Europe's largest defense contractor, a multinational company that is split between French, German and a few other satellite companies. The French government also has a one-third stake in the company, which is a primary builder of the Airbus.

European defense contractors want a larger piece of US defense contracts; but the Buy America Act has put up barriers to this. EADS set up a North American branch to navigate around this.

As this report states, if EADS wants any US investment (and with that, contracts), Wall Street analysts say it better keep the French government from gaining any more than its current stake.

Then there's the issue of a European defense market. European nations have balked at US investment in companies like HDW, a German submarine manufacturer, while at the same time asking for more cooperation and technology sharing.

The Guardian - EADS pressed to sever French link

http://www.guardian.co.uk/france/story/0,11882,1180103,00.html

EADS pressed to sever French link

David Gow
Monday March 29, 2004
The Guardian

EADS, the European aerospace and defence group, is under growing pressure from Wall Street investors to dilute or even scrap stakes held by the French government and its other two main shareholders.

It is understood that both DaimlerChrysler, the German-US cars group, and Lagardère, the French media group, have been urged by US investors keen to buy into the majority-owner of Airbus to press Paris for a synchronised sell-down.

Manfred Bischoff, EADS co-chairman and senior DC executive, warned President Jacques Chirac against turning the group into a purely French player. "In the long run, national interests would best be served if we keep EADS multinational," he told Defense News.

Analysts said yesterday EADS "can kiss goodbye to ever having a substantial US business" if it handed over control to the French state which shares equally a 30.13% stake with Lagardère. DC holds a 33% share.

The issue has come to a head because Arnaud Lagardère, son and successor to Jean-Luc at the eponymous group, has indicated his desire eventually to sell the EADS stake and focus on the media business.

Analysts said both the French group and DC would eventually like to realise the value of their EADS holdings as cash for ei ther acquisition or, in Daimler's case, consolidation of a balance sheet put under pressure by Chrysler's losses.

Mr Lagardère has said he will stick to his father's commitment to the EADS stake until the Airbus superjumbo, the 555-seater A380, has entered service in 2006 - and proven its commercial viability.

The French state, which is considering a partial privatisation of the power groups Gaz de France and Electricité de France next year, has long held the view that aerospace and defence businesses are "strategic" interests.

But Mr Bischoff told Defense News: "Often, the word 'strategic' can be replaced with 'not making money'." Analysts said it would require a substantial cultural change for Paris to allow a more distributed share ownership base.

Mr Bischoff said: "They [French officials] are concerned about ownership and fear that the company will be managed only on quarterly results."

With the European defence market worth $180bn (£100bn) compared with the $400bn-plus American market, EADS is keen to reach its target of 10% profit margins by taking on more US military business.

Last year, with the A380's $1bn annual development costs eating into earnings, the group made €1.54bn (£1.03bn) pre-tax profits and says it will make €1.8bn this year.

Posted by Andrew Becker at 11:15 AM | Comments (0)

The French Connection: boon or bane for Kerry?

These are only two of the many recent articles where Senator John Kerry is accused of being too French and of his cousin trying to distance Kerry from his Gallic relations and tendencies, presumably for his benefit.

But the undercurrents of such accusations tend to suggest that rift between the U.S. and France, at least with the Bush administration in the White House, isn't showing any signs of mending.

On the other hand, as the article mentions, the editor of Le Monde approvingly told a New York audience that Kerry "looks French."

International Herald Tribune - Globalist: If Kerry 'looks French,' look for an ugly fight

Chicago Tribune - Sen. Kerry's French connection

Globalist: If Kerry 'looks French,' look for an ugly fight

Roger Cohen IHT
Saturday, April 3, 2004


PARIS It is not going to be a pretty American election. Already the Bush administration has embarked on a campaign to portray John Kerry as a flip-flopping, tax-raising, European-educated wimp. The presumptive Democratic candidate has responded by describing the president as a job-destroying, budget-busting, alliance-breaking unilateralist.

But perhaps the surest indication that the looming political season will be ugly has come from repeated Republican suggestions that Kerry “looks French.”

Not only that: the senator is said to betray a dubious fondness for things French, even the language. A recent comment from Commerce Secretary Don Evans that the Massachusetts Democrat is “of a different political stripe and looks French” was only the latest of several jibes, mainly from conservative talk-show hosts and columnists, that have included allusions to “Monsieur Kerry” and “Jean Chéri.”

For some months now, the Republican House majority leader, Tom DeLay, has been opening speeches to supporters with an occasional routine. He says hi, then adds: “Or, as John Kerry might say, 'Bonjour.'”

The remark “always brings the house down,” said DeLay's spokesman, Stuart Roy, who added that its purpose was to highlight “Mr. Kerry's lack of support for the war on terror and the way he seems to be in agreement with the arguments of the French.” What is going on here? Ever since the Iraq war divided the Atlantic Alliance and the French government emerged as its most vociferous opponent, France has become a dirty word in some Republican circles. The France-bashing has had its lighter side - French fries disappearing from menus - but it has been no laughing matter. The criticism has carried the serious suggestion that France is not to be trusted. So if Kerry “looks French," the inference is clear enough.

Impugning the patriotism of a Vietnam war hero may seem an outlandish political tactic. But the Republicans have focused on other aspects of Kerry's life. He attended a Swiss boarding school and speaks good French; his maternal grandparents had a house in a village in Brittany, Saint-Briac-sur-Mer, where he spent several vacations; he has a French first cousin, the ecologist politician Brice Lalonde. The Republican National Committee recently circulated this last fact. Asked why, Christine Iverson, a committee spokeswoman, said the French family was not a big issue because Kerry would “be judged on his support for tax increases, not on his fondness for brie and Evian.” As for Lalonde, now the mayor of Saint-Briac, he is reluctant to be drawn into his cousin's campaign.

Many others in France have been less reticent. The broad French hope that Kerry will replace Bush in the White House is no secret. The Democratic candidate has been getting very good press; Jean-Marie Colombani, the editor of Le Monde, recently told a New York audience that Kerry “even looks French.” This time, the tone was one of approval.

Nicole Bacharan, a political scientist, sees several reasons for the French embrace of Kerry. A conviction that Americans will not re-elect a president widely seen in France as arrogant, simplistic and dangerous. A belief that Kerry will embrace old allies like France. Neglect and incomprehension of the large swathe of American society that finds Bush attractive. A subliminal association of John Forbes Kerry with another JFK, one beloved in France.

“There is a nostalgia for the Kennedy years and a hatred of Mr. Bush that I have never known for another American president,” Bacharan said. “So the French have just blocked out the America of religious faith and straight talk that likes Bush.” Much, it seems, is being blocked out in the talk of Kerry's French side. It is true that some of his promised policies seem attractive to many Europeans. He favors diplomatic engagement - in the past with Vietnam, today with Iran. He has castigated the Bush administration for its “intoxication with the pre-eminence of American power.” He has said he understands the need to “cooperate and compromise with our allies and friends.” He has vowed “to replace unilateral action with collective security.”

But Kerry also voted in favor of the war in Iraq - a fact not much aired in France - and urged the new Spanish Prime Minister, José Luis Rodríguez Zapatero, to refrain from withdrawing Spain's troops from Iraq.

The fact is that Kerry understands the reality of post-9/11 America, one often only dimly perceived in Europe. The attack, like Pearl Harbor, changed the country, pushed national security back to the center of the political agenda for the first time since the end of the cold war, and almost certainly made any candidate not strong on defense and tackling terrorism unelectable.

As a result, the differences on foreign policy between Bush and Kerry, while distinct, may be less radical than they appear. The president is not as isolated or as isolationist as he is sometimes portrayed, and Kerry is not as beholden to his multilateralist convictions as the French might wish. “Multilateralist when you can, unilateralist when you must” is how Richard Holbrooke, an adviser to Kerry, describes the candidate.

Still, in an election as tight as this one, the Republicans will do all they can to associate Kerry with what they see as the French penchant for conciliatory weakness and slow-moving international institutions.

The French theme in the campaign is likely to endure, much to the displeasure of Nathalie Loiseau, a French Embassy spokeswoman in Washington. “I regret that anyone would consider that portraying someone as French is negative,” she said. “This is a country of immigrants, after all.” Indeed: Kerry's paternal grandfather Frederick Kerry (born Fritz Kohn) arrived in America from Europe in 1905.

As for the Kerry campaign, it is adopting a certain hauteur in the French affair. “There are more important things to talk about, like affordable health care,” said Stephanie Cutter, a Kerry spokeswoman. “Mr. Kerry is an American citizen.”


Chicago Tribune
Sen. Kerry's French connection
Not wanting to hurt his election chances, relatives in Brittany downplay affiliations

By Jocelyn Gecker
Associated Press
Published April 5, 2004

ST.-BRIAC-SUR-MER, France -- John Kerry's relatives in France bristle at jabs from across the Atlantic that the presidential contender has a French connection.

They say Kerry has no link to France other than the home his grandparents bought here.

"John Kerry is incredibly American," says Brice Lalonde, Kerry's cousin and mayor of this seaside Brittany village. "He has absolutely nothing French about him."

For another cousin, Christopher Curtis: "This is an American story. John is an all-American guy with the benefit of having spent some time overseas."

With the race for the White House turning nasty--and France-U.S. ties not quite mended from the Iraq war--Kerry's Gallic clan, when questioned, talks up his American-ness. Some are keeping a low profile, saying too much talk about France could be political arsenic.

As Lalonde puts it: "I'm afraid to hurt him."

But that hasn't stopped the Frenchman from pasting Kerry bumper stickers on his car--hardly a common sight in this 16th Century village.

St. Briac, near the port city of St. Malo, is a place of rugged seascapes and narrow, cobbled lanes that inspired Renoir and other Impressionists. It was here that the senator from Massachusetts spent boyhood summers and has said he traced his first inspiration to become a politician.

But nowhere on Kerry's Web site does he mention his summers in France or the family estate, known as Les Essarts, a sprawling property on a bluff over the sea.

"Monsieur Bush is angry with France," says Ian Forbes, an 85-year-old Kerry uncle who lives at Les Essarts. "We don't want to accentuate the connection between Johnny and France."

Kerry's maternal grandparents, James Grant Forbes and Margaret Winthrop--a descendant of Massachusetts' first governor, John Winthrop--bought the estate in the 1920s. They had 11 children, including the mothers of Kerry, Lalonde and Curtis, a British-American who lives in Paris. The home served as a summer hub for their cosmopolitan clan.

In his youth, Kerry joined the family gatherings while his father, a U.S. diplomat, was posted in Europe. Young Kerry also attended a Swiss boarding school and brought a touch of America to this corner of northwestern France.

"He introduced us to games like capture the flag. We still play something called kick the can," said Lalonde, who at 58 is two years Kerry's junior.

Politics also run in the family here. Lalonde was environment minister under then-President Francois Mitterrand. Like his American cousin, Lalonde ran for president. But that was 1981 and he received less than 4 percent of the French vote.

Kerry's campaign and his days in France have been widely reported here. A recent story in Liberation newspaper was headlined, "John Kerry, too Frenchy for the Republicans." It catalogued insults by allies of President Bush and the tendency of House Majority Leader Tom DeLay to start speeches with: "Good afternoon, or as John Kerry might say, `Bonjour.'"

For Lalonde, Kerry's long, angular face "resembles Abraham Lincoln, without the beard."

The French media like to compare John Forbes Kerry, who speaks fluent French, to John F. Kennedy.

Posted by Andrew Becker at 10:58 AM | Comments (0)

The French Connection: boon or bane for Kerry?

These are only two of the many recent articles where Senator John Kerry is accused of being too French and of his cousin trying to distance Kerry from his Gallic relations and tendencies, presumably for his benefit.

But the undercurrents of such accusations tend to suggest that rift between the U.S. and France, at least with the Bush administration in the White House, isn't showing any signs of mending.

On the other hand, as the article mentions, the editor of Le Monde approvingly told a New York audience that Kerry "looks French."

International Herald Tribune - Globalist: If Kerry 'looks French,' look for an ugly fight

Chicago Tribune - Sen. Kerry's French connection

Globalist: If Kerry 'looks French,' look for an ugly fight

Roger Cohen IHT
Saturday, April 3, 2004


PARIS It is not going to be a pretty American election. Already the Bush administration has embarked on a campaign to portray John Kerry as a flip-flopping, tax-raising, European-educated wimp. The presumptive Democratic candidate has responded by describing the president as a job-destroying, budget-busting, alliance-breaking unilateralist.

But perhaps the surest indication that the looming political season will be ugly has come from repeated Republican suggestions that Kerry “looks French.”

Not only that: the senator is said to betray a dubious fondness for things French, even the language. A recent comment from Commerce Secretary Don Evans that the Massachusetts Democrat is “of a different political stripe and looks French” was only the latest of several jibes, mainly from conservative talk-show hosts and columnists, that have included allusions to “Monsieur Kerry” and “Jean Chéri.”

For some months now, the Republican House majority leader, Tom DeLay, has been opening speeches to supporters with an occasional routine. He says hi, then adds: “Or, as John Kerry might say, 'Bonjour.'”

The remark “always brings the house down,” said DeLay's spokesman, Stuart Roy, who added that its purpose was to highlight “Mr. Kerry's lack of support for the war on terror and the way he seems to be in agreement with the arguments of the French.” What is going on here? Ever since the Iraq war divided the Atlantic Alliance and the French government emerged as its most vociferous opponent, France has become a dirty word in some Republican circles. The France-bashing has had its lighter side - French fries disappearing from menus - but it has been no laughing matter. The criticism has carried the serious suggestion that France is not to be trusted. So if Kerry “looks French," the inference is clear enough.

Impugning the patriotism of a Vietnam war hero may seem an outlandish political tactic. But the Republicans have focused on other aspects of Kerry's life. He attended a Swiss boarding school and speaks good French; his maternal grandparents had a house in a village in Brittany, Saint-Briac-sur-Mer, where he spent several vacations; he has a French first cousin, the ecologist politician Brice Lalonde. The Republican National Committee recently circulated this last fact. Asked why, Christine Iverson, a committee spokeswoman, said the French family was not a big issue because Kerry would “be judged on his support for tax increases, not on his fondness for brie and Evian.” As for Lalonde, now the mayor of Saint-Briac, he is reluctant to be drawn into his cousin's campaign.

Many others in France have been less reticent. The broad French hope that Kerry will replace Bush in the White House is no secret. The Democratic candidate has been getting very good press; Jean-Marie Colombani, the editor of Le Monde, recently told a New York audience that Kerry “even looks French.” This time, the tone was one of approval.

Nicole Bacharan, a political scientist, sees several reasons for the French embrace of Kerry. A conviction that Americans will not re-elect a president widely seen in France as arrogant, simplistic and dangerous. A belief that Kerry will embrace old allies like France. Neglect and incomprehension of the large swathe of American society that finds Bush attractive. A subliminal association of John Forbes Kerry with another JFK, one beloved in France.

“There is a nostalgia for the Kennedy years and a hatred of Mr. Bush that I have never known for another American president,” Bacharan said. “So the French have just blocked out the America of religious faith and straight talk that likes Bush.” Much, it seems, is being blocked out in the talk of Kerry's French side. It is true that some of his promised policies seem attractive to many Europeans. He favors diplomatic engagement - in the past with Vietnam, today with Iran. He has castigated the Bush administration for its “intoxication with the pre-eminence of American power.” He has said he understands the need to “cooperate and compromise with our allies and friends.” He has vowed “to replace unilateral action with collective security.”

But Kerry also voted in favor of the war in Iraq - a fact not much aired in France - and urged the new Spanish Prime Minister, José Luis Rodríguez Zapatero, to refrain from withdrawing Spain's troops from Iraq.

The fact is that Kerry understands the reality of post-9/11 America, one often only dimly perceived in Europe. The attack, like Pearl Harbor, changed the country, pushed national security back to the center of the political agenda for the first time since the end of the cold war, and almost certainly made any candidate not strong on defense and tackling terrorism unelectable.

As a result, the differences on foreign policy between Bush and Kerry, while distinct, may be less radical than they appear. The president is not as isolated or as isolationist as he is sometimes portrayed, and Kerry is not as beholden to his multilateralist convictions as the French might wish. “Multilateralist when you can, unilateralist when you must” is how Richard Holbrooke, an adviser to Kerry, describes the candidate.

Still, in an election as tight as this one, the Republicans will do all they can to associate Kerry with what they see as the French penchant for conciliatory weakness and slow-moving international institutions.

The French theme in the campaign is likely to endure, much to the displeasure of Nathalie Loiseau, a French Embassy spokeswoman in Washington. “I regret that anyone would consider that portraying someone as French is negative,” she said. “This is a country of immigrants, after all.” Indeed: Kerry's paternal grandfather Frederick Kerry (born Fritz Kohn) arrived in America from Europe in 1905.

As for the Kerry campaign, it is adopting a certain hauteur in the French affair. “There are more important things to talk about, like affordable health care,” said Stephanie Cutter, a Kerry spokeswoman. “Mr. Kerry is an American citizen.”


Chicago Tribune
Sen. Kerry's French connection
Not wanting to hurt his election chances, relatives in Brittany downplay affiliations

By Jocelyn Gecker
Associated Press
Published April 5, 2004

ST.-BRIAC-SUR-MER, France -- John Kerry's relatives in France bristle at jabs from across the Atlantic that the presidential contender has a French connection.

They say Kerry has no link to France other than the home his grandparents bought here.

"John Kerry is incredibly American," says Brice Lalonde, Kerry's cousin and mayor of this seaside Brittany village. "He has absolutely nothing French about him."

For another cousin, Christopher Curtis: "This is an American story. John is an all-American guy with the benefit of having spent some time overseas."

With the race for the White House turning nasty--and France-U.S. ties not quite mended from the Iraq war--Kerry's Gallic clan, when questioned, talks up his American-ness. Some are keeping a low profile, saying too much talk about France could be political arsenic.

As Lalonde puts it: "I'm afraid to hurt him."

But that hasn't stopped the Frenchman from pasting Kerry bumper stickers on his car--hardly a common sight in this 16th Century village.

St. Briac, near the port city of St. Malo, is a place of rugged seascapes and narrow, cobbled lanes that inspired Renoir and other Impressionists. It was here that the senator from Massachusetts spent boyhood summers and has said he traced his first inspiration to become a politician.

But nowhere on Kerry's Web site does he mention his summers in France or the family estate, known as Les Essarts, a sprawling property on a bluff over the sea.

"Monsieur Bush is angry with France," says Ian Forbes, an 85-year-old Kerry uncle who lives at Les Essarts. "We don't want to accentuate the connection between Johnny and France."

Kerry's maternal grandparents, James Grant Forbes and Margaret Winthrop--a descendant of Massachusetts' first governor, John Winthrop--bought the estate in the 1920s. They had 11 children, including the mothers of Kerry, Lalonde and Curtis, a British-American who lives in Paris. The home served as a summer hub for their cosmopolitan clan.

In his youth, Kerry joined the family gatherings while his father, a U.S. diplomat, was posted in Europe. Young Kerry also attended a Swiss boarding school and brought a touch of America to this corner of northwestern France.

"He introduced us to games like capture the flag. We still play something called kick the can," said Lalonde, who at 58 is two years Kerry's junior.

Politics also run in the family here. Lalonde was environment minister under then-President Francois Mitterrand. Like his American cousin, Lalonde ran for president. But that was 1981 and he received less than 4 percent of the French vote.

Kerry's campaign and his days in France have been widely reported here. A recent story in Liberation newspaper was headlined, "John Kerry, too Frenchy for the Republicans." It catalogued insults by allies of President Bush and the tendency of House Majority Leader Tom DeLay to start speeches with: "Good afternoon, or as John Kerry might say, `Bonjour.'"

For Lalonde, Kerry's long, angular face "resembles Abraham Lincoln, without the beard."

The French media like to compare John Forbes Kerry, who speaks fluent French, to John F. Kennedy.

Posted by Andrew Becker at 10:58 AM | Comments (0)

March 16, 2004

Islamic lesson for US students

This is my last finding... just in time. It seems to have a lot to do with our trip. We can probably discuss it in class, before we leave.

"Lecon d'Islam pour etudiants americains", Charles Dexert-Ward, France-echo.com
www.france-echos.com/actualite.php?cle=600

Posted by Diana Ferrero at 11:56 AM | Comments (1)

In Europe, the tone is changing

According to this article published in Le Monde, the impact of Aznar's defeat is much wider than the loss of an ally for Bush.

  • The tone has changed in Europe as can be illustrated by several quotes including one from the French Foreign Affairs Minister, Dominique de Villepin, who now clearly qualifies the war in Iraq as a "mistake and an error." Differences were known. They are voiced more clearly.
  • Romano Prodi, President of the European Commission declared: "Terrorism, that the war in Iraq was supposed to stop, is now more powerful than ever."
  • The staunchest US allies have not reacted very powerfully, except to condemn the Spanish voters for their lack of determination (this has drawn virulent reactions from other quarters). Silivio Berlusconi, the Italian Prime Minister is in a very difficult position. Not threatened by any election in the short term, Tony Blair's situation is weaker too. He might be tempted to follow on his recent effort to increase his ties with France and Germany.
  • On the ground, it will be more difficult to count with the participation of more NATO troops in Iraq, an issue which should be discussed in Istanbul in June, and that might matter for the November election in the U.S.

    Many stories show that those who favor "Old Europe," and the space for an independent voice might come out stronger. We should not forget though that this happens at a moment of high emotion, and should wait until it translates in a different policy.

    Le Monde - Sous le choc des attentats, l'Europe reconsidère sa relation avec Washington

    Sous le choc des attentats, l'Europe reconsidère sa relation avec Washington

    LE MONDE | 16.03.04 | 14h24
    En écho aux propos de José Luis Rodriguez Zapatero sur le "désastre" de la guerre en Irak, des diplomates européens s'en prennent à la politique étrangère menée par les Etats-Unis depuis plus d'un an. La mécanique atlantiste de Blair-Aznar-Berlusconi s'est cassée
    L'europe en quelques jours a changé. Les attentats du 11 mars ont ébranlé tout le continent. Les événements qui ont suivi à Madrid modifient d'ores et déjà de façon irréversible l'équilibre des relations euro-américaines. George Bush a perdu beaucoup plus que le soutien indéfectible dont le gratifiait José Maria Aznar. Dès lundi, les langues se sont déliées.

    En écho à José Luis Rodriguez Zapatero déclarant que "la guerre en Irak a été un désastre et -que- l'occupation continue d'être un désastre", le ministre français des affaires étrangères s'est totalement départi de sa retenue de langage habituelle. "La guerre en Irak était une erreur, je dirais même une faute, a déclaré lundi matin Dominique de Villepin. Nous ne pouvons pas ne pas voir qu'il y a aujourd'hui deux foyers qui nourrissent le terrorisme dans le monde : le premier, c'est la crise au Proche-Orient, et le deuxième, c'est l'Irak."

    Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, n'a pas été moins direct dans l'interview qu'il a donnée lundi à La Stampa. "Cela se passe en Irak comme au dehors. Istanbul, Moscou, Madrid. Le terrorisme que la guerre en Irak était censée faire cesser est infiniment plus puissant aujourd'hui qu'il y a un an", dit-il. On ne saurait être plus clair, à moins d'enfoncer le clou, comme l'a fait M. Zapatero, qui a invité lundi George Bush et Tony Blair à "faire leur autocritique".

    Des dirigeants européens osent donc qualifier d'échec la politique étrangère menée par Washington depuis plus d'un an. MM. de Villepin et Prodi n'ont certes jamais été partisans de cette politique. Ils l'ont ouvertement combattue à ses débuts puis discutée pied à pied au fil des mois. Mais le ton a changé et l'heure du bilan a sonné.

    La garde atlantiste en Europe s'est moyennement mobilisée. Une partie de la presse britannique s'est érigée contre l'idée que des terroristes puissent dicter le verdict des urnes dans un pays européen. Le ministre britannique des affaires étrangères, Jack Straw, a cru devoir rappeler à ses partenaires de l'Union que nul ne se protège du terrorisme islamiste en s'opposant à la guerre en Irak. Mais les électeurs espagnols sont moins soupçonnables que quiconque d'avoir cédé au terrorisme.

    Quelques gouvernements européens, membres de la coalition en Irak - la Pologne, le Danemark, la Grande-Bretagne -, ont fait savoir dès lundi que la défection annoncée de l'Espagne ne remettrait pas en cause leur propre engagement militaire sur le terrain. Mais, outre que leur opinion publique n'est pas forcément du même avis, la question pour Washington n'est pas seulement celle du maintien des effectifs actuels en Irak. C'est celle de la relève des troupes américaines, que George Bush souhaite rapatrier en temps voulu pour en tirer un bénéfice électoral.

    La relève au moins partielle par l'OTAN était au menu du sommet que l'Alliance atlantique doit tenir fin juin à Istanbul. Qui pourrait répondre à l'appel ? Le ministre allemand des affaires étrangères, Jochka Fischer, a longuement expliqué, dans un discours à Munich le mois dernier, que c'était une mauvaise idée. L'Allemagne ne s'y opposera pas mais, même dans ce cadre, elle n'enverra aucun soldat en Irak. Les Britanniques ne peuvent guère faire plus que ce qu'ils font déjà. José Maria Aznar ne sera plus là pour suggérer une "assistance technique" de l'OTAN qui aurait pu introduire cette dernière en Irak.

    Par la voix de Dominique de Villepin, la France fait savoir depuis des semaines qu'elle mettra "des conditions" à une telle extension du rôle de l'OTAN en Irak et laisse entendre qu'elle n'en serait pas. Les "conditions"que le ministre des affaires étrangères français avait répétées après son dernier entretien avec Colin Powell, début février, ce serait qu'"un gouvernement irakien pleinement souverain en fasse la demande" et que le Conseil de sécurité de l'ONU en décide. "La question n'est pas d'actualité pour le moment", avait dit alors Dominique de Villepin. Elle l'est de moins en moins.

    "PÉCHÉ ORIGINEL"

    Depuis, le ministre a expliqué les doutes de la France sur l'opportunité politique d'un tel transfert à l'OTAN. Cela aiderait-il ou cela aggraverait-il la situation sur place, demande-t-il ? Contrairement à l'Afghanistan - où on manque déjà de volontaires pour la prochaine relève -, la présence de troupes étrangères en Irak est pour l'instant frappée d'une sorte de "péché originel", explique un proche du ministre.

    L'ONU est-elle prête à s'engager en Irak ? Serait-elle prête à mandater l'OTAN ? Un gouvernement irakien véritablement souverain verra-t-il vraiment le jour en Irak au 30 juin ? De tout cela, on doute fort à Paris.

    Les attentats de Madrid ont fait que désormais on en doute fortement ailleurs aussi. La mécanique atlantiste de Blair-Aznar-Berlusconi s'est cassée. D'une certaine manière, la "nouvelle Europe" de Donald Rumsfeld a rendu l'âme en gare d'Atocha, le 11 mars. Restent, pour les Européens, l'urgence sécuritaire et la nécessité d'imaginer une suite en Irak, après le 30 juin comme le dit le calendrier officiel américain, ou plus probablement après les élections présidentielles américaines de novembre.

    La Maison Blanche a laissé paraître, vendredi, un manifeste énervement en demandant à John Kerry de citer nommément ses alliés dans le monde s'il en a. George Bush n'en a plus guère de fiables pour l'instant en Europe.

    Claire Tréan

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.03.04

    Posted by Francis Pisani at 10:50 AM | Comments (0)
  • March 09, 2004

    Brain drain

    Just to complete our overview of the French crisis and protests about the lack of resources for the research, her is an article that - once more - describes the well known brain drain's’ problem.
    In view of our trip, I was wandering if this could be another useful link to Rujin’s story.
    The phenomenon is another interesting key to look at the relationship and exchange between EU and the US (note that the research crisis is not confined to French borders, it is a neverending issue in Italy, and one of the main common problems throughout Europe).

    Le Monde - Un cerveau en fuite... temporaire

    Le Monde, 3/10/04 "Un cerveau en fuite... temporaire"
    Directeur de recherche à l'Inserm, j'y dirige depuis 1996 l'unité de recherche 446 consacrée à la cardiologie cellulaire et moléculaire et installée dans les locaux de l'université Paris-Sud (Châtenay-Malabry, Hauts-de-Seine). Mais c'est des Etats-Unis, où je séjourne depuis huit mois, que je vous écris. Je suis un cerveau en fuite... temporaire. Je profite d'un séjour sabbatique d'un an à l'université Emory d'Atlanta (Georgie) pour renouer avec les joies de la recherche, loin des impératifs matériels et administratifs qui sont le lot quotidien d'un directeur d'unité.

    Dans cette université Coca-Cola, où l'argent coule à flots - plus de 300 millions de dollars de financement public du NIH (l'équivalent américain de l'Inserm) pour cette seule université cette année, soit près de la moitié du budget de l'Inserm ! -, je redécouvre qu'on peut faire de la recherche sans se préoccuper constamment de ce qu'elle coûte. Mais la perspective de mon prochain retour en France, dans un climat délétère et peu propice à la découverte scientifique, fait poindre à l'horizon une sourde inquiétude.

    Et pourtant j'ai toutes les raisons d'être heureux, au regard de la situation de nombreux collègues directeurs d'unité ou responsables d'équipe. Notre unité fait sans doute partie des laboratoires les mieux dotés en France, aussi bien en postes qu'en moyens financiers. Trois jeunes chercheurs et une enseignante-chercheuse, âgés de 31 à 33 ans, ont été recrutés sur concours nationaux à l'Inserm, au CNRS et à l'université Paris-Sud, et ont rejoint notre unité au cours des cinq dernières années. Un budget de fonctionnement de 200 000 euros a été attribué par l'Inserm à notre unité cette année. Pour une unité de 30 personnes (12 chercheurs et enseignants-chercheurs, 6 personnels techniques, 12 étudiants et postdoctorants), cela représente 2 à 3 fois le budget d'un laboratoire CNRS et 5 à 10 fois celui d'un laboratoire universitaire de taille équivalente. Alors, me direz-vous, où est mon problème ?

    Mon problème, c'est que je n'aurais jamais dû venir aux Etats-Unis ! Ici, 200 000 euros, c'est le budget de fonctionnement d'une équipe de 10 personnes dans ma discipline. Ramené par équivalent temps plein (ETP)-chercheur (une notion très usitée à l'Inserm qui permet de distinguer le chercheur Inserm, CNRS ou postdoctorant consacrant 100 % de son temps à la recherche de l'enseignant-chercheur ou de l'étudiant en DEA qui n'y consacre que 50 à 70 %, et du technicien ou ingénieur qui compte pour du beurre...), le budget de notre unité Inserm est d'environ 12 000 euros par ETP.

    Avec cette somme, le chercheur doit couvrir les dépenses de consommables nécessaires à ses expériences, la maintenance et le renouvellement des équipements qu'il utilise, ses frais de participation à des congrès, ses frais de publication et l'achat de nouveaux appareillages pour monter de nouveaux projets. Lorsqu'on sait que le moindre équipement de laboratoire coûte entre 5 000 et 10 000 euros, on se demande comment on peut encore lancer de nouveaux projets de recherche dans nos laboratoires ! Et - je le rappelle - nous faisons partie des plus riches laboratoires en France...

    Alors que des voix s'élèvent pour dénoncer l'inefficacité du système français de fonctionnariat des chercheurs en le comparant à l'efficacité du système américain reposant sur un principe de précarité d'emploi, on devrait au contraire reconnaître le grand mérite du chercheur français de ne pas faire au final si mauvaise figure dans la compétition internationale, compte tenu des moyens dont il dispose. Avec un budget public en recherche médicale 20 fois plus faible qu'aux Etats-Unis, alors que la population et le PIB de la France ne sont que 5 fois plus bas que ceux des Etats-Unis, la part de la recherche française parmi les publications scientifiques mondiales est d'environ 6 %, alors que celle des Etats-unis est de 30 %. On voit que le chercheur français fait preuve d'ingéniosité, et que chaque centime qu'il dépense est mieux dépensé et plus rentable en France qu'ici. Imaginez un peu ce qu'il pourrait faire si son budget de fonctionnement venait à doubler ou à tripler !

    Autre différence majeure avec les Etats-Unis : l'aide apportée aux jeunes chercheurs. Ici, un jeune chercheur nouvellement recruté reçoit de sa structure d'accueil une dotation d'installation qui se monte au minimum à 250 000 dollars ! Cette dotation est de 400 000 dollars dans le département où je travaille, et certaines universités vont jusqu'à offrir 1 million de dollars au candidat retenu ! Et je ne vous parle pas des salaires... Dans notre unité Inserm, aucun des chercheurs récemment recrutés (et ils sont pourtant recrutés "à vie") n'a obtenu de crédits d'installation, que ce soit de l'Inserm, du CNRS ou de l'Université.

    Difficile de rester productif et compétitif lorsque, à peine recruté, on doit passer tout son temps et son énergie à quémander des bouts de financement à gauche et à droite pour monter le projet pour lequel on a obtenu le poste. On est vite tenté d'abandonner les projets ambitieux et de choisir des projets moins originaux, mais réalisables avec les moyens déjà disponibles au laboratoire...

    Cette lente asphyxie des laboratoires de recherche a un coût induit colossal, qui est, paradoxalement, passé sous silence. Tout d'abord en termes d'efficacité et d'énergie dépensée stérilement en tracasseries administratives, dans la course aux financements, de temps perdu à travailler avec des bouts de ficelle. Mais surtout en termes financiers, car on stérilise ainsi 80 % du potentiel de recherche que représentent les salaires (bien bas cependant !) des personnels de la recherche en leur refusant les moyens de travailler. De plus, le coût de la formation des jeunes chercheurs dans les universités françaises (environ 9 500 euros par an en moyenne), dont l'excellence est reconnue partout dans le monde, est mis au service des universités américaines, qui se félicitent de drainer chez elles la force de travail et le talent de nos jeunes diplômés. Quatre-vingts pour cent des postdoctorants aux Etats-Unis, les forces vives de la recherche, sont étrangers. A Atlanta, pour la seule université Emory, j'ai recensé 23 postdoctorants français... Combien de postdoctorants américains dans une université de taille comparable en France ?

    Mais, plus grave encore, on organise la fuite des cerveaux français en ne donnant aucun espoir de retour aux jeunes chercheurs. Cette année, il y a 20 candidats par poste dans certaines disciplines au CNRS ! Quel choix leur reste-il ? Rester aux Etats-Unis ou ailleurs en attendant des jours meilleurs ?

    Nous autres, directeurs de laboratoire, responsables d'équipe, avons une responsabilité à leur égard, car nous les avons formés. Ils comptent sur nous et n'ont que ce recours pour espérer pouvoir faire ce métier difficile pour lequel ils ont sacrifié souvent leur vie de famille, et leur jeunesse en France. Les pousser à la désespérance est un bien mauvais calcul dont notre pays risque de se remettre très difficilement. C'est pour eux, avant tout, que nous sommes si nombreux à avoir signé la pétition "Sauvons la recherche" et que nous menaçons de démissionner le 9 mars de nos fonctions de directeur d'unité et responsable d'équipe.

    Rodolphe Fischmeister est directeur de recherche à l'inserm, directeur de l'u 446.

    Posted by Diana Ferrero at 12:34 PM | Comments (0)

    French scientists halt research

    French scientists and researchers have launched what appears to be a very serious protest movement. More than 2,000 just quit their jobs, and this affects about 50% of some of the most important research centers. A petition has received more than 60,000 signatures. Protesters want more money for research in order to avoid the brain drain. The government needs to cut expenses to stick by its eurozone commitments.

    The movement might reach many intelectual workers in the arts, among teachers, nurses, doctors etc.

    THis might be a serious issue when we go there and could be an interesting topic for those who want to write on technology, research and innovation.

    A few stories have been published in English (see Google.News), but you should look into the French media sites.

    BBC - French Scientists Halt Research

    Le Monde - Entre gouvernement et scientifiques, le conflit cache des oppositions sur les réformes structurelles

    Le Monde - Plus de 2 000 chercheurs votent leur démission

    Entre gouvernement et scientifiques, le conflit cache des oppositions sur les réformes structurelles

    LE MONDE | 08.03.04 | 13h32
    Les chercheurs se disent prêts à faire bouger les institutions, quand Matignon et l'Elysée semblent vouloir d'abord court-circuiter les grands centres tels que le CNRS, critiqué dans un rapport récent
    "Sar-kozy -à-la-recherche. Sar-kozy-à-la-recherche". Absurde ? Certainement. Personne ne peut croire un instant à une telle éventualité. Mais le caractère volontairement provocateur de ce slogan de potache en dit long sur l'état d'esprit des quelque 62 000 signataires de la pétition du collectif Sauvons la recherche. Leur souci : être représentés et défendus par un "vrai" politique.

    Faute de l'avoir été par "Luc Ferry qui n'existe plus" et par "Claudie Haigneré qui n'est ni une spécialiste de la recherche ni une politique", les chercheurs ont eu la surprise, vendredi 5 mars, de voir leur dossier repris par Matignon cinq jours avant que les directeurs d'unité et de laboratoire ne décident publiquement de démissionner. Le premier ministre a en effet reçu le professeur, Etienne-Emile Baulieu, président de l'Académie des sciences, et son vice-président, Edouard Brézin, pour discuter - ce qui a été apprécié du collectif - de la composition du comité chargé d'organiser des états généraux de la recherche et de l'enseignement supérieur que les chercheurs appellent depuis des semaines de leurs vœux.

    Puis, Jean-Pierre Raffarin a sorti un lapin de son chapeau. Alors que son gouvernement a mis depuis des mois la recherche au régime sec et au silence, il s'est soudain engagé à ouvrir pour une période de trois ans (2005-2007) une ligne de crédit d'un milliard d'euros par an qui abonderait une future agence nationale de la science. L'annonce a d'abord surpris le collectif, puis l'a laissé de glace. "C'est une autre formulation, ont commenté ses représentants, d'une promesse ancienne -et répétée- faite par Jacques Chirac" de consacrer, en 2010, 3 % du PIB à la recherche.

    Or, rappelle le porte-parole du collectif, le biologiste Alain Trautmann, "on a vu ce qu'il en était : une diminution de plus de 10 % des crédits de laboratoire en 2003". "Cette annonce n'est qu'une farce", avance un autre. "On nous répond par des miracles, constate Didier Roux, physico-chimiste à Bordeaux, alors que nos exigences sont beaucoup plus modestes : 550 postes qui coûteraient environ 20 millions d'euros". Pas de quoi amadouer les signataires du collectif qui n'oublient pas que le gouvernement refuse depuis des mois de négocier avec ses élites scientifiques. Pas de quoi non plus les rallier à la cause gouvernementale quand ils constatent que les fonds proposés concernent une agence des sciences encore à créer et pas du tout les organismes de recherche.

    Ces derniers seraient-ils trop ingérables parce que "trop soviétiques"? Endogame, figé et à bout de souffle comme l'analyse le rapport sur le CNRS de la mission Guillaume publié par Les Echos dans son édition du 8 mars. Tout n'est pas faux. Les chercheurs en conviennent mais refusent la caricature et se disent prêts "à faire bouger les institutions" quand Matignon et l'Elysée semblent vouloir d'abord court-circuiter les grands centres et les grands instituts pour reprendre la main.

    NI DE DROITE NI DE GAUCHE

    "Bien sûr, concède un chercheur, le gouvernement actuel n'est pas coupable de tous les maux de la recherche. Bien sûr, il n'est que l'héritier maladroit de vingt ou trente ans de mauvais management de ce secteur."Mais, ajoute-t-il, les pouvoirs publics n'ont à ce jour offert comme seule porte de sortie qu'"un étranglement brutal des budgets de la recherche" assorti d'"une demande simultanée de fortes réformes". Impossible à gérer, répondent les grands noms de la science inquiets de cette ligne dure à l'heure où les Etats-Unis et le Japon investissent massivement dans leur recherche publique.

    "Il serait donc idiot aujourd'hui, plaide Didier Roux, de gâcher cette chance historique de débattre et de faire s'exprimer les gens de la recherche et de l'université sur la vision qu'ils ont de l'avenir." C'est un "moment inespéré, disent-ils, pour engager des réformes" et construire une loi d'orientation globale. La recherche, répètent les chercheurs, n'est ni de droite ni de gauche. Ce ne doit pas être non plus le triomphe d'une ligne dure, voire thatchérienne, de libéraux irréductibles sur une mollesse supposée complaisante d'une gauche a priori acquise. La recherche, "c'est d'abord la France de demain".

    Or, aujourd'hui, "on met la charrue avant les bœufs", constate Jacques Boulesteix, astrophysicien à Marseille, car ce n'est pas seulement "un problème de crédits". La première des priorités, "ce sont les jeunes chercheurs auxquels nous devons transmettre notre capital et notre savoir". Certes, on peut toujours mettre de l'argent pour continuer à "faire marcher le système" comme avant et "vieillir ensemble", a regretté, samedi 6 mars, sur LCI, le biologiste Axel Kahn, directeur de l'Institut Cochin de biologie moléculaire et l'un des premiers signataires du collectif. Mais, pour lui, la vision comptable qui consiste à substituer à la pensée des "mots magiques" comme "immobilisme" ou "statut de fonctionnaire" n'est certainement pas de nature à résoudre les problèmes et à ouvrir les débats.

    Jean-François Augereau


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    Le soutien des chercheurs étrangers


    Des chercheurs étrangers, parmi lesquels le Prix Nobel de médecine 1991, des membres de la Royal Society (Royaume-Uni) ou de la National Academy of Science (Etats-Unis) apportent leur soutien à leurs collègues français en mettant en garde contre le risque d'un déclin "irréversible" de la science française. Dans un texte circulant sur Internet et publié dimanche 7 mars par le Journal du dimanche, ces scientifiques de renom se disent "extrêmement préoccupés par la situation actuelle de la science en France". Les financements des laboratoires français "ont décliné, tandis que le soutien financier de la recherche fondamentale augmentait rapidement aux Etats-Unis, au Japon et plus récemment en Chine", écrivent-ils. "Parce que des augmentations budgétaires similaires n'ont pas eu lieu en France, nos collègues ont perdu leur capacité à faire face à la concurrence internationale". Evoquant les réductions de budgets et de postes, les chercheurs étrangers affirment que cela a introduit, "en plus des difficultés financières", la peur que les jeunes scientifiques "choisissent soit une autre carrière, soit un autre pays".

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.03.04

    Plus de 2 000 chercheurs votent leur démission

    LEMONDE.FR | 09.03.04 | 09h16 • MIS A JOUR LE 09.03.04 | 16h31
    "La démission n'est ni une fin en soi, ni un arrêt du mouvement, c'est un passage obligé", a lancé mardi le porte-parole du collectif Sauvons la recherche. La veille, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, estimant qu'"une démission n'est jamais un succès", a affirmé ne pas souhaiter "que la renommée scientifique internationale de la France soit ainsi fragilisée". Les chercheurs en appellent au chef de l'Etat.
    Plus de 2 000 chercheurs (976 directeurs d'unité et 1 110 chefs d'équipe), réunis mardi 9 mars en assemblée générale à l'Hôtel de ville de Paris, ont voté massivement pour la démission de leurs responsabilités administratives, a annoncé le porte-parole du collectif Sauvons la recherche, à l'issue d'un vote à bulletin secret. Ils ont ensuite rejoint plusieurs milliers de chercheurs, qui étaient rassemblés sur la place de l'Hôtel-de-Ville pour manifester leur soutien à leurs patrons démissionnaires, afin de marcher jusqu'au ministère de la recherche, où ils doivent remettre symboliquement leur démission.

    Pour trois des plus grands organismes de recherche - CNRS, Inserm (recherche médicale) et INRA (recherche agronomique) - 50 % des directeurs d'unité ont démissionné, a annoncé M. Trautmann.

    Le collectif en a appelé au président Jacques Chirac et a annoncé une "nouvelle date-butoir", le 19 mars, afin d'obtenir des moyens accrus pour la recherche publique. "Si, à la nouvelle date-butoir du 19 mars, le gouvernement et le président de la République n'ont pas répondu de façon plus satisfaisante (à nos revendications), nous organiserons une grande manifestation des chercheurs à laquelle nous appelons tous les citoyens", à deux jours du premier tour des régionales, a déclaré le porte-parole du collectif. "Nous attendons un fort soutien de l'opinion publique", a-t-il ajouté.

    ÉTATS GÉNÉRAUX

    En outre, les chercheurs réunis à Paris ont lancé officiellement leurs propres états généraux de la recherche. "C'est un chantier pour nous très important pour faire aboutir nos recommandations", a souligné M. Trautmann. Les détails de l'organisation de ces états généraux, l'un des points forts des revendications des chercheurs, devaient être donnés en fin d'après-midi au cours d'une conférence de presse à l'Académie des sciences. Le gouvernement avait annoncé l'organisation d'états généraux, mais n'a pu trouver un accord avec les chercheurs sur les modalités de leur organisation.

    Dans une interview parue mardi dans Libération, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, avait pour sa part déclaré : "Nous ne sommes pas dans un marchandage à la petite semaine mais face à la construction de l'avenir du pays". Prenant acte à l'avance de la décision des chefs de laboratoire, M. Raffarin avait estimé qu'"une démission n'est jamais un succès" : "J'aurais forcément une réaction de tristesse parce que je ne souhaite pas que la renommée scientifique internationale de la France soit ainsi fragilisée." "Quand on met 3 milliards d'euros sur la table pour la recherche [d'ici à 2007], on met beaucoup plus que ce que nous faisons pour beaucoup d'autres catégories professionnelles", insiste-t-il.

    Mais le chiffre de 3 milliards d'euros, annoncé samedi par Matignon, n'a pas convaincu les chercheurs. "Si ces 3 milliards se concrétisent, on sera très contents, avait réitéré, lundi, le porte-parole du collectif Sauvons la recherche. Mais pour l'instant, il ne s'agit que d'une reformulation de la promesse faite par Jacques Chirac de consacrer 3 % du PIB à la recherche. Ce qu'il aurait fallu (...), ce sont des réponses concrètes et non pas faire une autre promesse."

    Selon un sondage CSA pour La Croix, le mouvement est approuvé par plus de quatre Français sur cinq (82 %). 47 % déclarent "soutenir" le mouvement et 35 % avoir "de la sympathie", seuls 12 % exprimant de l'"indifférence" et 5 % se déclarant "opposés" ou "hostiles".

    Dans l'immédiat, la décision des chefs de labo aura surtout une portée symbolique. Mais très rapidement, elle pourrait entraîner une paralysie de l'appareil de recherche : les directeurs démissionnaires ne commanderont plus de produits ou de matériel pour les laboratoires, ou ne signeront plus d'ordres de mission pour le déplacement des chercheurs.

    Lemonde.fr avec AFP et Reuters


    Posted by Francis Pisani at 08:40 AM | Comments (1)

    Anti-veil: Was it necessary, or is it just risky?

    As you all probably know, the ban of Islamic headscarves has eventually been approved by the French Senate. After the National Assembly's vote, February 10th, the text was approved on March 3 by an overwhelming majority (276 votes in favor, 20 against). The law will be effective beginning from September 2004, at the schools' reentry.
    Following various protests and demonstrations, French Minister of National Education, Pierre Raffarin, said the law was "not against Islam" but "in favor of the Republic and the free practice of every religion". Nothing new or really unexpected with that, at this point. What seems interesting to me is the second part of the article, that raises questions not only about the law's effectiveness, but about its potential counter-effects. According to the communist senator Paul Vergès, the new law paradoxically "risks to create new tensions where they don't exist" he said.
    From a political point of view, it is also interesting that the law was received in a very diverse way, to extent of splitting the parties. If some leftists voted against, the majority supported the ban. (I am attaching the extended version because soon the article won't be available on free access anymore)
    "L'interdiction des signes religieux "ostensible" à l'école définitivement adoptée par le Parlement", AFP.
    www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-355396,0.html?query=l%27interdiction+des+signes&query2=&booleen=et&num_page=1&auteur=&dans=dansarticle&periode=30&ordre=pertinence&G_NBARCHIVES=812534&nbpages=1&artparpage=10&nb_art=6

    L'interdiction des signes religieux "ostensibles" à l'école définitivement adoptée par le Parlement
    LEMONDE.FR | 04.03.04
    Le texte de loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école s'appliquera dès la prochaine rentrée scolaire, en septembre 2004.
    Le Sénat a voté tard mercredi 3 mars au soir, dans les mêmes termes que l'Assemblée nationale, le projet de loi "encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics".

    Ce "vote conforme", obtenu par 276 voix contre 20, vaut adoption définitive du texte par le Parlement. En effet, le texte a été voté par les sénateurs dans les mêmes termes que l'avaient fait les députés à l'Assemblée nationale le 10 février. Il s'appliquera dès la prochaine rentrée scolaire, en septembre 2004.

    Le vote est intervenu après deux jours de débats, en présence du ministre de l'éducation nationale, Luc Ferry. Le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, est intervenu à la fin de la discussion générale pour réaffirmer qu'il ne s'agissait pas de s'en prendre aux religions mais d'"envoyer un signal fort et rapide". "Notre vision de la laïcité n'est pas contre les religions. Chacun a droit à l'expression de sa foi, à condition qu'à l'intérieur de l'école de la République, il respecte les lois de la République", a-t-il déclaré. "Nous n'avons ni le sentiment ni la prétention de croire que tout est réglé par ce texte", a-t-il ajouté, assurant à l'adresse des partisans d'un grand texte sur la laïcité : "Le travail va continuer."

    Le débat, auquel auront participé une cinquantaine d'orateurs, a donné lieu sur tous les bancs à des envolées lyriques sur la laïcité, à laquelle tous les intervenants se sont déclarés profondément attachés.

    "Ce projet de loi n'est naturellement pas contre l'islam, pas plus qu'il n'est contre les confessions chrétiennes ou contre le judaïsme. Il est pour la République et le libre exercice de toutes ces religions en son sein", s'est exclamé Gérard Larcher (UMP, Yvelines), vice-président du Sénat.

    L'ancien premier ministre socialiste Pierre Mauroy s'est exprimé dans le même sens : "En France, nous considérons que c'est la laïcité qui crée le mieux, pour chaque individu, les conditions de sa liberté de conscience, comme celles de sa liberté de penser et d'agir, pour pratiquer la religion de son choix ou pour être athée ou agnostique."

    22 AMENDEMENTS REJETÉS

    Partant de là, beaucoup de sénateurs se sont interrogés sur l'utilité, voire l'efficacité d'une loi pour réaffirmer ce principe, la majorité d'entre eux se déclarant toutefois disposés à voter le texte de l'Assemblée nationale, quitte à formuler des réserves.

    Sans nier les difficultés des chefs d'établissement confrontés à la question du voile islamique, André Lardeux (UMP, Maine-et-Loire) a jugé qu'il y aurait eu "moins d'inconvénients à ne pas faire de loi qu'à en faire une".

    Le sénateur communiste de la Réunion Paul Vergès a mis en garde contre un texte qui "assimile sans nuance l'outremer à la métropole" et fait courir "le risque absurde de créer des tensions là où il n'en existe pas".

    Il a défendu "une manière réunionnaise de vivre la laïcité" qui "démontre que celle-ci, élément essentiel de la cohésion de notre société, peut accueillir sereinement l'expression des différentes religions".

    Si la présidente du groupe communiste Nicole Borvo (Paris) a annoncé qu'en raison de la "politique de régression sociale" du gouvernement, elle ne voterait pas le projet de loi, son collègue du Nord Ivan Renar a préconisé un vote positif.

    Avant le vote, le Sénat a examiné 22 amendements, déposés en majorité par Gérard Delfau (RDSE - Rassemblement démocratique et social européen -, Hérault) et par Serge Lagauche (PS, Val-de-Marne), qui ont tous été repoussés ou retirés par leur auteur.

    Posted by Diana Ferrero at 12:41 AM | Comments (1)

    March 01, 2004

    Au revoir l'Europe à deux vitesses?

    Roya was right to signal Fisher's evolution (see her post just before this one). Chirac has moved in the same direction. During an official visit to Hungary on February 23rd and 24th, he has declared : "I know the questions raised by an enlarged Europe as its capacity to move forward. I am aware too of the fear that a two-speed Europe may trigger. I want to solemny declare that France wants to build a Europe of 25 countries!"

    Does that mean that the two-speed Europe is dead? Not necessarily. French and German agree to be careful, that's for sure. The problems of an enlarged Europe remain and time will tell if Chirac and Fisher really meant what they said. Nevertheless, it's importante t acknowledge the fact that they felt obliged to reassure their partners.

    Le Monde - Devant le Parlement hongrois, Jacques Chirac clame sa foi dans l'Europe à vingt-cinq

    Devant le Parlement hongrois, Jacques Chirac clame sa foi dans l'Europe à vingt-cinq

    LE MONDE | 24.02.04
    Paris veut dissiper les craintes des pays de l'Est.
    Budapest de notre envoyée spéciale

    Jacques Chirac a mis à profit sa visite à Budapest, lundi 23 et mardi 24 février, pour tenter de lever la suspicion dont la France fait l'objet dans plusieurs des pays de l'Est qui intégreront l'Union européenne le 1er mai. Et c'est une véritable profession de foi dans l'Europe à 25 qu'il a délivrée, mardi matin, dans son discours devant le Parlement hongrois.

    Le terrain était favorable : les dirigeants hongrois, qui sont considérés comme les "bons élèves" parmi les nouveaux entrants dans l'Union, ne font pas partie des francophiles déçus des pays de l'Est. Le président Ferenc Madl, qui a reçu, lundi, M. Chirac au palais Sander, sur les hauts de Buda, a abondamment remercié la France pour le soutien qu'elle a apporté à la Hongrie pendant les années de transition et pour "le rôle qu'elle a joué en faveur de l'avènement de l'Europe à 25", en affirmant, à plusieurs reprises, que le mérite en revenait "tout particulièrement au président Chirac".

    Au-delà des politesses - dont il n'a pas, lui non plus, été avare -, le président français s'est efforcé, mardi, devant le Parlement hongrois, de dissiper point par point les malentendus qu'a pu susciter dans la région sa politique européenne. L'Europe nouvelle, selon Jacques Chirac, "doit être une Europe en marche et qui poursuit son intégration". "Je sais les interrogations que suscite une Europe élargie quant à sa capacité à aller de l'avant. Je perçois également la crainte, chez certains, d'une Europe à deux vitesses. Je tiens à le dire solennellement : c'est une Europe à 25 que la France veut construire !", a affirmé M. Chirac. Ni les sommets à deux, franco- allemands, ou à trois, comme celui du 18 février à Berlin avec les Britanniques, ni non plus l'idée des "groupes pionniers" pour lesquels plaide la France ne visent à imposer quoi que ce soit aux autres, a dit M. Chirac, surtout pas à réintroduire des divisions en Europe, contrairement à ce qu'ont redouté certains publiquement, notamment l'ancien président tchèque Vaclav Havel.

    Les "groupes pionniers" sont appelés à ouvrir la voie pour les autres, "à défricher en éclaireurs certains domaines où l'Europe peut s'intégrer davantage", a expliqué M. Chirac, avant d'ajouter : "Il ne s'agit pas de diviser, il ne s'agit pas d'exclure (...). De tout cœur, je souhaite que la Hongrie se joigne à ce mouvement." La Hongrie le souhaite elle-même pour l'euro, dès qu'il lui sera possible de rejoindre la zone de la monnaie unique. Elle s'intéresse aussi à la défense européenne, mais avec des interrogations nées en grande partie de la crise irakienne et auxquelles le président français s'est efforcé de répondre : "N'en doutez pas. Nul ne demande à la Hongrie de choisir entre l'OTAN et la défense européenne. Les Etats-Unis sont nos alliés. Une Europe plus forte, c'est une Alliance plus forte."

    Enfin, M. Chirac a essayé de démentir l'idée selon laquelle l'entrée des nouveaux pays membres dans l'Union allait s'accompagner d'un repli budgétaire avaricieux de ceux qui font déjà partie du "club". Il n'a toutefois pas promis de miracle : "Dans un cadre financier qui n'est pas extensible à loisir, a-t-il dit, la France veillera à ce que les arbitrages de l'Union soient rendus dans l'esprit de solidarité qui la fonde et que, à juste titre, vous attendez d'elle."

    Claire Tréan

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.02.04

    Posted by Francis Pisani at 05:46 PM | Comments (1)

    February 25, 2004

    How the Europeans see their Institutions

    You are not alone: most Europeans don't know their institutions very well. They don't see enough of their Euro-deputies and tend to be confused by the role of the Commission, and the Parliament. Only a third intends to vote in the coming election. The good side of this is that there seems to be a "European public opinion." The general feelings seem to be shared by most countries. This includes the 10 incoming members.

    You should get a sense of what this all means in terms of the strength of European institutions, and in terms of identities.

    You can read the story in French, and/or check for similar stories published by other media. The first link will lead you to the institutions that did the survey.

    Eurobarometer - Website for the Public Opinion Analysis sector of the European Commission

    Le Monde - A la veille des lections europennes, institutions et eurodputs restent trs mal connus

    A la veille des lections europennes, institutions et eurodputs restent trs mal connus

    LE MONDE | 25.02.04 | 14h09 MIS A JOUR LE 25.02.04 | 18h25
    Une enqute rvle notamment que les Europens ont une ide fausse des rles du Parlement et du conseil des ministres. Moins d'un tiers des citoyens ont l'intention d'aller voter en juin.
    Bruxelles de notre bureau europen

    A quatre mois des lections europennes, moins d'un tiers des citoyens de l'Union (31 %) dclarent avoir la ferme intention de voter. Ce rsultat inquitant a t rendu public, lundi 23 fvrier, par la Commission de Bruxelles, d'aprs l'Eurobaromtre semestriel sur l'tat de l'opinion publique, ralis du 1er octobre au 7 novembre 2003 auprs d'un chantillon reprsentatif de 16 082 personnes.

    Le manque d'enthousiasme des personnes sondes se traduit par un nouveau recul de leur confiance dans les institutions europennes (41 %, contre 44 % au printemps 2003, et 46 % au printemps 2002). Un manque de confiance qui s'applique aussi aux institutions nationales (seules 31 % des personnes interroges disent avoir confiance en leur gouvernement national, au lieu de 39 % au printemps 2002).

    Cet tat d'esprit se nourrit manifestement d'un grand pessimisme sur la situation conomique : 46 % des Europens prdisent que la conjoncture va se dgrader en 2004, tandis que 16 % restent optimistes. Seuls les pronostics de 1992 taient plus noirs, avec 48 % de pessimistes.

    Dans les dix pays qui rejoindront l'Union europenne au 1er mai, 35 % seulement des citoyens se dclarent srs d'aller voter. Il faut dire qu' l'Est aussi le pessimisme domine : 33 % de personnes pensent que leurs conditions de vie vont empirer cette anne et autant misent sur la stagnation, selon un sondage effectu du 11 octobre au 9 novembre auprs de 12 165 personnes des dix pays candidats, plus la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie.

    LUS NON IDENTIFIS

    Curieusement, le Parlement europen est l'institution europenne la plus reconnue : 91 % des personnes interroges l'Ouest en ont entendu parler et 78 % pensent qu'il joue un rle important dans la vie de l'Union europenne. 70 % donnent le premier rle la Commission et 58 % au conseil des ministres.

    Cette hirarchie, identique l'Est, montre que les Europens ont une vision errone du fonctionnement de leurs institutions. "La surreprsentation du Parlement europen est sans doute lie son nom", suggre Bruno Jeanbart, directeur adjoint du dpartement opinion de CSA, qui a particip l'enqute pour la France : "Les gens calquent ce qu'ils savent de leur Parlement national sur le Parlement europen, alors qu' Bruxelles le lgislatif a deux ttes", explique-t-il. Il prcise que, en France, "la trs faible connaissance des institutions est lie au fait que les hommes politiques ne font pas l'effort de parler de l'Europe".

    Bien que le Parlement soit l'institution la plus plbiscite, l'opinion publique ne connat pas ses eurodputs : 44 % des personnes interroges dclarent n'avoir "ni vu, ni entendu, ni eu de contacts avec un membre du Parlement depuis les dernires lections europennes". Seuls le Danemark (17 %) et la Finlande (26 %) font exception ce constat d'ignorance. En France, "cette mconnaissance s'explique par le mode de scrutin", indique M. Jeanbart : "Les lecteurs connaissent, la rigueur, les ttes de listes nationales, mais elles sont presque toutes parties." Seuls sont rests Daniel Cohn-Bendit, Charles Pasqua, Jean Saint-Josse, Arlette Laguiller et Alain Krivine. M. Jeanbart ajoute que le nouveau dcoupage, en trs grandes circonscriptions, "ne permettra pas plus l'identification des eurodputs".

    Les mdias ne facilitent pas cette connaissance : seules 38 % des personnes interroges disent qu'elles ont vu des membres du Parlement europen la tlvision. Ce pourcentage augmente toutefois au Danemark (77 %) et en Finlande (61 %). Or 42 % des personnes interroges disent qu'elles aimeraient voir leurs eurodputs sur le petit cran.

    Rafale Rivais

    ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.02.04

    Posted by Francis Pisani at 10:19 AM | Comments (0)

    February 24, 2004

    Berlusconi in flagrant conflict of interest

    This French report helps to understand the Italian media, the current political situation and the big problem of Berlusconi's conflict of interest.
    On January 28, the Italian Senate approved a decree allowing Berlusconi's TV channel Retequattro to continue terrestrial broadcasting. This would allow him to keep all three his private channels (while controlling the three public ones, too, as a Prime Minister) -- against a Constitutional Court rule. The lower house will discuss the decree on February 27.
    If the decree passes, would the media monopoly be acceptable, in a Western Democracy? Thinking of future common international rules, how will the EU relate to that kind of issues?

    Reporters sans frontieres, "Silvio Berlusconi saves one of his TV channels by decree in flagrant example of conflict of interest."

    Posted by Diana Ferrero at 01:00 PM | Comments (1)

    February 17, 2004

    A new European "directory"?

    An important summit Blair, Chirac, Schröder, will take place tomorrow in Berlin. Several European countries, Italy, Spain and Poland among them, are upset by the emergence of this new "directory."

    After explaining the progresses made in the building of a common defense, this article taken from Le Monde sees the addition of the UK to the Franco-Germen duo as a way to appease some tensions. Their influence could be huge in many fields: commision, constitution, enlargement, etc.

    It would be useful to look at how the summit is covered in different capitals and report it on the blog. Many of the issues at stake in Europe today should come up during the discussion, and in the coverage they get.

    Le Monde - Un "directoire" européen à trois va s'ébaucher à Berlin

    Un "directoire" européen à trois va s'ébaucher à Berlin

    LE MONDE | 17.02.04 | 13h22 • MIS A JOUR LE 17.02.04 | 16h20
    A quelques semaines de l'élargissement de l'Union européenne, trois de ses principaux dirigeants se réunissent à Berlin, mercredi 18 février, suscitant la rancœur de certains de leurs partenaires, inquiets de voir se mettre en place une gestion par Paris, Berlin et Londres. Officiellement rejetée par les intéressés, l'expression "directoire" ne les fait cependant pas hurler d'indignation. Refusant de limiter l'Europe à un espace de paix intérieure, les dirigeants français, allemand et britannique devraient envisager les moyens de relancer les réformes, la croissance et la politique industrielle. Ils pourraient aussi décider de réformer la Commission de Bruxelles.
    A peine un an après la fameuse lettre des Huit sur l'Irak, initiée par la Grande-Bretagne et l'Espagne, qui scellait la césure entre une Europe pro-atlantiste et une Europe franco-allemande récusant la politique américaine, Tony Blair se retrouve avec le président Jacques Chirac et le chancelier Schröder, mercredi 18 février à Berlin, pour une rencontre tripartite. A deux mois de l'élargissement de l'Union, alors que la question du fonctionnement de l'Europe à 25 est loin d'être résolue, les autres Européens s'interrogent sur l'objet de cette réunion à trois, présentée comme une concertation en vue du sommet européen qui sera consacré fin mars à l'évolution économique de l'Union.

    Malgré les apaisements prodigués par Tony Blair, jeudi, lors de la rencontre préparatoire qu'il a eue avec le chancelier allemand à Berlin, plusieurs capitales, notamment au sud de l'Europe, expriment quelque agacement à voir refleurir une sorte de "directoire", non plus franco-allemand, mais à trois. "Nous ne pouvons accepter les initiatives qui mettent les uns ou les autres le dos au mur", a averti le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini. "Il n'est pas bon que quelques voix fassent taire toutes les autres, dont celle de l'Espagne", a estimé de son côté la ministre espagnole Ana Palacio, qui avait dénoncé avec virulence en 2003, lors de la célébration du 40e anniversaire du traité franco-allemand, la volonté d'hégémonie de Paris et de Berlin.

    L'idée d'un leadership franco-germano-britannique en Europe n'est pas nouvelle. Elle avait pris corps après l'arrivée de Tony Blair aux commandes en Grande-Bretagne, le leader travailliste revendiquant ouvertement, après les années Thatcher, un retour de son pays sur la scène européenne pour y exercer son influence. M. Blair n'a pas été en mesure de tirer suffisamment son pays derrière lui pour le convaincre de rejoindre la zone euro. Il a cependant avancé sur d'autres sujets européens, notamment en relançant avec Paris, dès décembre 1998, l'idée d'une véritable défense européenne.

    C'est à nouveau à propos de la défense que les "trois grands" Européens ont manifesté ces derniers mois leur volonté de tourner la page de la crise irakienne. Le 20 septembre 2003, le sommet surprise qui les a réunis, à Berlin déjà, avait esquissé un compromis sur la création d'un état-major européen autonome au sein de l'OTAN.

    Ce compromis, finalement acepté par Washington, a été la base de l'accord intervenu au sommet de Bruxelles en décembre sur la future politique de défense de l'Union à 25. Il permet d'envisager de nouveaux développements à la fois en matière de projection de forces, mais aussi de coopération dans le domaine de l'armement. L'Allemagne vient de se joindre à Paris et Londres pour mettre sur pied des corps d'intervention de 1 500 hommes prêts à être déployés pour tenter d'empêcher des crises de dégénérer, comme cela a été fait en 2003 dans la province de l'Ituri en République démocratique du Congo.

    UN SOUFFLE D'AIR

    Cette entente à trois a aussi débouché sur la création d'une agence d'armement, qui doit permettre à l'Europe de mettre en commun son potentiel industriel. Symbole de cette avancée : la décision de la France et de la Grande-Bretagne de coopérer pour la construction de leurs nouveaux porte-avions. Des discussions sont également en cours dans le domaine des sous-marins, où le potentiel allemand est important.

    Paris et Berlin avaient dû constater pendant la crise irakienne que, dans la nouvelle Europe élargie, ils ne pourraient plus à eux seuls être le moteur de l'Union. La main tendue de Tony Blair est donc pour eux bienvenue. M. Blair a donné des gages de sa fidélité aux Etats-Unis, et sa présence devrait rassurer les pays membres les plus atlantistes sur les objectifs de la rencontre de Berlin, notamment les Polonais et les Espagnols. On en espère du coup, dans les milieux européens, une décrispation qui facilite le déblocage des négociations sur la Constitution.

    De même que le couple franco-allemand a été utile dans la "vieille Europe" pour cristalliser les problèmes et dégager les compromis, un trio pourrait avoir une précieuse fonction de défrichage. En Allemagne, la droite, qui a soutenu le camp atlantiste pendant la crise irakienne contre le gouvernement Schröder, milite aujourd'hui pour qu'une place soit offerte aussi à la Pologne dans ce cercle restreint.

    M. Schröder, qui s'est largement inspiré du programme travailliste pour ses propres propositions de réforme en Allemagne, peut espérer, pour sa part, trouver dans ce nouveau forum un souffle d'air dans la phase difficile qu'il traverse. Une part importante des discussions de Berlin doit être consacrée à la relance de la croissance en Europe, aux réformes, à une politique industrielle commune et peut-être à une redéfinition des postes au sein de la Commission.

    Il est peu probable que soient formulées de nouvelles propositions sur la Constitution européenne, pour désarmer l'opposition de l'Espagne et de la Pologne au projet qui est sur la table. Ce projet, élaboré par la Convention, est largement le résultat des compromis auxquels les trois étaient parvenus. La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne sont loin d'avoir sur tout des points de vue identiques, mais sur cette question ils semblent décidés à attendre que le mouvement vienne d'abord de Madrid et de Varsovie.

    Henri de Bresson

    Posted by Francis Pisani at 10:03 AM | Comments (0)

    February 15, 2004

    Dutch government limits European migration

    The right of center Dutch Government decided to limit the intake of migrants coming from the 10 new members of the EU. The fear of a huge flow of immigrants runs high among today's members. Some countries, like the UK and Ireland are in favor of a free flow while Finland, Belgium and others want a certain control.

    In this story we learn that the right favors the free circulation of labor. 19% of the population of the Netetherlands was born elsewhere (mainly Turkey, Marocco and the Caribbean). Migrants who will be sent back to their countries of origin will receive a plane ticket and a certain amount of money.

    Le Monde - Les Pays-Bas limitent l'entrée des travailleurs européens

    Les Pays-Bas limitent l'entrée des travailleurs européens

    LE MONDE | 27.01.04 | 13h17 • MIS A JOUR LE 27.01.04 | 13h40
    Le gouvernement de centre-droit a fixé à 22 000 maximum le nombre de ressortissants des dix nouveaux Etats membres de l'UE qui seront autorisés à s'installer dans le royaume. Cette "soupape de sécurité" vise d'abord les ouvriers polonais.
    Après des mois de discussions, le gouvernement néerlandais a décidé, vendredi 23 janvier, de limiter à 22 000 au maximum le nombre de travailleurs issus des dix nouveaux Etats membres de l'Union européenne (UE) qui pourront s'installer dans le royaume. "Il ne s'agit pas de poissons et nous ne parlons donc pas de quotas" a indiqué, non sans une certaine hypocrisie, Laurens Jan Brinkhorst, le ministre des affaires économiques du gouvernement de centre-droit dirigé par Jan Peter Balkenende.

    M. Brinkhorst, membre du parti D 66 (libéral réformateur) affirme aussi que la libre-circulation des travailleurs, principe de base du marché intérieur européen, s'appliquera bel et bien aux ressortissants des dix pays qui intègreront l'Union le 1er mai. Le ministre était auparavant défavorable à cette mesure de limitation, réclamée en revanche par son collègue Gerrit Zalm, ministre des affaires économiques (VVD, libéral), qui avait évoqué le risque de voir les frontières néerlandaises "submergées" par un nouvel afflux de travailleurs étrangers.

    Aujourd'hui le gouvernement de La Haye affirme seulement avoir installé une "soupape de sécurité" et il évite de parler ouvertement de sa véritable intention : se prémunir contre l'arrivée massive d'ouvriers polonais sur un marché de travail dont la situation s'est fortement détériorée au cours des derniers mois. Le taux de chômage atteint 5,5 % aujourd'hui alors qu'il n'a pas dépassé 3 % ces dix dernières années. Le Bureau central du Plan (CPB) a ajouté à la crainte des dirigeants en estimant que, faute de mesures de limitation, de 5 000 à 10 000 travailleurs d'Europe centrale et orientale tenteraient de s'installer chaque année aux Pays-Bas.

    CONTRÔLE TEMPORAIRE

    Cela a achevé de convaincre le premier ministre, qui avait rejeté antérieurement toute idée de "quotas" pour les nouveaux Etats membres de l'Union. D'abord calquée sur la position de la Grande-Bretagne, l'Irlande ou la Suède, hostiles à toute mesure de limitation, l'attitude de M. Balkenende est désormais proche de celle de la Belgique, l'Espagne, la Grèce et la Finlande, favorables à une politique temporaire de contrôle, afin de ne pas déstabiliser les marchés nationaux du travail, conformément à des dispositions négociées entre les Quinze et qui promettent d'être appliquées de manière inégale selon les pays.

    La mesure décidée aux Pays-Bas sera appliquée, en principe, pendant deux ans, avant d'être éventuellement corrigée. D'ici là, les ressortissants des nouveaux Etats membres devront réclamer un permis de travail qui leur sera accordé sans condition, sauf si le quota de 22 000 travailleurs était atteint. Quelque 10 000 travailleurs saisonniers sont déjà recrutés chaque année, notamment par le secteur horticole. A l'heure actuelle, les ressortissants de pays non européens qui espèrent obtenir un permis ne se le voient octroyé que si un "besoin réel" de travailleurs étrangers est démontré.

    Si le gouvernement est, comme l'opposition, divisé sur la politique à suivre, des organisations patronales se déclarent, à l'instar des courants les plus libéraux, hostiles à la mesure adoptée la semaine dernière, que l'une d'elles dépeint comme "un compromis typiquement politicien". Pour le groupement patronal VNO-NCW, la libre-circulation des travailleurs ne doit souffrir aucune restriction. "Nous avons besoin de ces travailleurs immigrés pour faire tourner l'économie", a expliqué un porte-parole de cette organisation. S'inspirant des chiffres du Bureau du plan, les patrons soulignent que l'accueil des nouveaux arrivants n'entraînera, à l'horizon 2006, qu'un surcoût annuel de 70 millions d'euros pour les dépenses publiques. Entre 2000 et 2002, les PME ont embauché plus de 60 000 travailleurs étrangers.

    Le débat sur "l'immigration de travail" relance, en tout cas, la polémique sur la présence des étrangers dans le pays. Sur les 16 millions de Néerlandais quelque 19 % sont d'origine immigrée, essentiellement turque, marocaine et antillaise. Saluée récemment par une étude officielle, la capacité d'intégration de la société néerlandaise a pourtant été fortement remise en cause au cours des dernières années, notamment par le parti du tribun populiste, feu Pim Fortuyn - la LPF. Cette formation a pesé sur l'évolution politique du royaume, le gouvernement Balkenende prônant une politique plus dure en matière de droit d'asile. En même temps qu'il annonçait, la semaine dernière, sa décision pour les travailleurs des nouveaux Etats membres de l'UE, le gouvernement indiquait qu'il procèderait à l'éloignement de quelque 26 000 demandeurs d'asile d'ici à 2007. La situation de 2 300 demandeurs devrait, en revanche, être prochainement régularisée en vertu d'une mesure d'amnistie.

    Les personnes devant être expulsées se verront offrir un billet d'avion et une somme d'argent, dont le montant n'est pas déterminé, pour se réinstaller dans leur pays d'origine. En l'attente, elles pourront intégrer des "centres de départ" a indiqué le ministère de l'immigration. Quelque 13 000 demandes d'asile ont été enregistrées en 2003, ce qui marque une forte diminution : 19 000 demandes avaient été introduites en 2002 et 32 000 en 2001.

    Jean-Pierre Stroobants

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.01.04

    Posted by Francis Pisani at 08:47 PM | Comments (0)

    February 03, 2004

    Tariq Ramadan, a global predicant

    Le Nouvel Observateur, Le vrai visage de Tariq Ramadan

    The long article is an in-depth investigation/profile about Tariq Ramadan, a Muslim leader based in Switzerland and France, who has been traveling and predicting the rebirth of a modern Islam, in Europe and the U.S (he was, for instance, advocating the use of the veil in schools.)
    The article stresses Ramadan’s connections with Bin Laden. It elicits his ability to use the media, as well as his early American connections.
    While Europe is enhancing control at its borders, and strengthening its immigration policies, another Bin Laden look-alike gained popularity through the media.
    What is the voice of Islam, in the Western media (EU and U.S.)? How does multiculturalism affects/changes the media, in a globalized world? How does the French paper cover the issue?

    See also January 28 article on Ramadan's decision to go to the U.S., which is interpreted by the French paper as a sign of a new connection between Washington and The Muslim Confraternity...

    Posted by Diana Ferrero at 02:28 PM | Comments (5)

    February 02, 2004

    A wave of anti-semitism in Europe

    A story on Le Monde: European political leaders and scholars have met in Berlin to discuss the resurgence of anti-semitism.
    Recently the European Commission tried to hide a report that connected this new anti-semitism with the arabic immigration. It is a controversial issue which may give some ammunition to the American Neoconservatives' accusations against the European tendency to "appease" even the most intolerant brands of Islamic Fundamentalism.

    A Berlin, intellectuels et politiques européens s'interrogent sur la résurgence de l'antisémitisme
    LE MONDE | 31.01.04 | 13h17
    Le ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer, lie le phénomène au conflit du Proche-Orient. Alain Finkielkraut le voit prospérer "sous le manteau de l'antiracisme".
    Berlin de notre correspondant

    Joschka Fischer tourne rarement autour du pot. En ouvrant, mercredi 28 janvier, à Berlin, la rencontre internationale sur l'antisémitisme organisée par la Fondation Heinrich-Böll, le ministre allemand des affaires étrangères s'est immédiatement lancé dans une description des enjeux liés au conflit israélo-palestinien. Le ton était donné : si l'on parle d'antisémitisme aujourd'hui, si l'on en redoute la résurgence, c'est à cause d'un conflit dont la dégradation alimente un feu destructeur de passions dangereuses.
    Un rapport récent, commandé à des universitaires berlinois par le Centre européen d'observation sur le racisme et la xénophobie, n'a pas été rendu public au prétexte, accusent d'aucuns, qu'il contenait des assertions déplaisantes sur un "nouvel antisémitisme" dont les populations d'origine arabe, établies en Europe, seraient les principaux propagateurs.
    "Il y a de nombreux conflits dans le monde, avec leur lot de victimes bien plus nombreuses que le conflit israélo-palestinien. Mais, pour l'Europe, ce conflit a une signification particulière,a constaté Joschka Fischer, en faisant référence à l'Holocauste. Israël est le seul Etat dont l'existence est remise perpétuellement en question. Aussi longtemps que ce sera le cas, les Israéliens seront victimes de leurs peurs anciennes et seront enclins à assurer leur survie par des moyens militaires. Ce conflit ne finira que lorsque le droit à l'existence d'Israël sera assuré." Et, surtout, devait-il ensuite préciser, lorsque "deux Etats, garantissant à chacun son espace, seront créés. Il n'y aura pas de compromis acceptable pour les Palestiniens si Israël repousse la question de l'Etat palestinien".
    Avec une pointe d'ironie, Antony Lerman, essayiste britannique, membre du Forum juif pour la justice et les droits de l'homme, devait aussitôt faire remarquer qu'il ne savait plus s'il se trouvait dans une conférence sur le conflit israélo-palestinien ou sur l'antisémitisme,"ce qui montre déjà l'étendue du problème". Quant à l'antisémitisme dit "nouveau", il serait surtout une"théorie pour détourner les critiques qui s'exercent contre l'Etat d'Israël".
    Cette assertion allait déclencher la réaction d'Alain Finkielkraut, philosophe et professeur à l'Ecole polytechnique. Evoquant la polémique créée autour de Tariq Ramadan - l'intellectuel musulman suisse, considéré comme l'un des porte-drapeaux de l'islam en France, avait accusé, en octobre 2003, des intellectuels "chéris des médias" de défendre Israël par réflexe communautaire -, le philosophe français décrivait une fois encore ce nouvel antisémitisme, qui, selon lui, s'exprime désormais "sous le manteau de l'antiracisme et au nom des droits de l'homme",rejeton paradoxal de l'islamisme et de l'antiglobalisation pour lequel Israël est devenu le prolongement de cet ennemi si décrié que sont les Etats-Unis.
    L'idéologie, assure Alain Finkielkraut, amalgame ou nie les faits qui expliquent. Dans cette logique, poursuit-il, "le mur -en construction entre Israël et les territoires palestiniens- devient le mur de la honte ou celui de l'apartheid, et non pas un obstacle pour empêcher les attentats, tandis que les partisans de la loi sur le voile sont décrits comme des adversaires de la liberté individuelle, et non pas comme les adversaires du type de société que prônent les partisans du voile".
    Les termes du débat étaient posés et les orateurs ne devaient pas s'en écarter. Inquiets, les intervenants allemands ont tenté d'évaluer la signification de cet antisémitisme - fort ancien puisqu'il reprenait la problématique de la responsabilité juive dans la révolution d'Octobre - brusquement surgi des paroles d'un député chrétien démocrate, Martin Hohmann, finalement exclu de son parti.
    Evoquant les attaques du député Jürgen Möllemann lancées contre le vice-président de la communauté juive, Michel Friedman, Joschka Fischer s'est dit inquiet de cet antisémitisme mou, issu "du milieu de notre société, dans un parti comme le Parti libéral (FDP), où beaucoup se sont tus et dont les chefs ont mis si longtemps à réagir".
    "Pour la première fois depuis 1945, constatait Werner Bergmann, sociologue au Centre de recherche sur l'antisémitisme de l'Université technique de Berlin, nos études montrent une montée, modérée, mais réelle, des sentiments antisémites." Cette montée touche les vieux comme les jeunes, la droite comme la gauche qui, par exemple, uniformément regrettent que les juifs touchent encore des indemnités si longtemps après la fin de la guerre.
    C'est, à nouveau, la centralité de la communauté arabo-musulmane dans l'expression du nouvel antisémitisme que devait évoquer Eberhard Seidel, journaliste de Berlin et animateur de l'association Ecole sans racisme, en donnant les chiffres des agressions de ces deux dernières années, ou en recensant les sites et les lieux islamistes, de plus en plus nombreux, d'où fuse la parole antisémite. "Rapporté à l'importance de leur communauté, le nombre de radicaux islamistes en Allemagne est vingt fois plus important que le nombre des néonazis", a souligné M. Seidel.
    Professeur à l'Université évangélique de Berlin, spécialiste des migrations, Ralph Ghadban évoquait, lui, le rôle du fanatisme religieux islamiste en notant que, dans les communautés musulmanes, l'expulsion, en 1948, des Palestiniens des territoires devenus aujourd'hui Israël, était souvent assimilée à l'expulsion de La Mecque des partisans du Prophète.
    Alors qu'en Pologne l'antisémitisme s'exprime en dessins et en paroles classiques, l'antijudaïsme en France se noue, là aussi, autour du conflit israélo-palestinien. La journaliste Anne-Elisabeth Moutet a ainsi mis en garde contre les dangers d'une situation "où les communautés arabo-musulmanes sont bombardées, par cassettes, Internet ou émissions de télévision satellitaire, d'une propagande antisémite".

    Georges Marion

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.02.04

    Posted by Federico Rampini at 12:08 AM | Comments (0)

    January 26, 2004

    Cheney, follow-up on "comparative media"

    Le Monde agrees on the "conciliatory tone" of Dick Cheney's speach at Davos. Less anti-American than last year, the participants were, according to the French newspaper, prone to "impotence and resignation". Rather than analyzing in depth the Vice-President of the United States intentions, the journalists quote four famous crtiques of globalization who, from the World Economic Forum, suggested interesting links with the Mumbai World Social Forum.

    Beyond "tone", and biases of different kinds our "comparative media studies" exercice raises more trivial issues that cannot be ignored: the fact that French newspapers are not published on Sunday, for instance, or some problems of translation like "libéralisation", and "altermondialistes".

    Previous entry - Cheney heard from several angles

    Le Monde - Au Forum de Davos, Dick Cheney tente de réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde

    World Social Forum, India

    Au Forum de Davos, Dick Cheney tente de réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde
    LE MONDE | 26.01.04 | 16h16
    Davos (Suisse) de nos envoyées spéciales

    Le Forum économique mondial qui s'est achevé dimanche 25 janvier à Davos, a tenté la carte de la réconciliation : les Etats-Unis avec le reste du monde, l'Islam avec l'Occident, l'économique avec le social, le public avec le privé. Le bilan est mitigé. Après le mauvais accueil reçu en 2003, les Américains ont voulu renouer avec leurs partenaires des liens mis à mal par la guerre en Irak.

    Le ministre américain de la justice, John Ashcroft, a ainsi affirmé que l'Amérique "n'était pas un agresseur" et qu'elle ne "cherchait pas à se tailler un empire". De son côté, le vice-président américain, Dick Cheney, a exhorté les grandes démocraties à se joindre à la guerre contre le terrorisme. "La coopération entre nos gouvernements, ainsi que des institutions internationales plus efficaces ont plus d'importance aujourd'hui que par le passé", a-t-il déclaré.

    Dans un discours présenté comme réconciliateur, le vice-président a décrit la vision américaine du monde. "Notre choix n'est pas un monde unipolaire ou multipolaire mais un monde libre et démocratique", a-t-il assuré avant d'ajouter : "Quand la diplomatie échoue, on doit être prêt à prendre nos responsabilités et à utiliser la force."

    Dick Cheney a souhaité une Europe "la plus forte possible", c'est-à-dire une Europe "capable de déployer plus de troupes" dans le cadre de l'OTAN. Il a appelé les Européens "à soutenir les réformes démocratiques en Iran" ainsi que "les aspirations européennes de la Turquie".

    "Il faut connaître Dick Cheney pour comprendre qu'il s'agit d'un discours modéré", commentait le sénateur démocrate Joseph Biden. Dans les couloirs du Forum, on restait perplexe sur la réelle volonté de rapprochement des Etats-Unis, telle qu'énoncée par deux des personnalités les plus dures de l'administration Bush. L'humeur anti-américaine qui dominait l'année dernière ne s'est pas estompée, elle est seulement tempérée par un sentiment "d'impuissance et de résignation", selon un participant.

    PASSERELLES

    Le choix de mettre en présence Dick Cheney, le président iranien, Mohammad Khatami, qui fait partie de l'"axe du mal" et le président Pakistanais, Pervez Moucharraf, faisait partie de l'idée des organisateurs de créer des passerelles entre l'Islam et l'Occident. L'élite politique et économique a ainsi eu l'occasion d'entendre le premier s'exprimer sur "le dialogue entre civilisations" et de poser directement à M. Moucharraf des questions sur les attentats dont il a été victime.

    Plusieurs débats ont été organisés où se sont confrontés des responsables politiques et religieux du monde arabo-musulman et judéo-chrétien. Le Forum a également mis en évidence le lien entre l'économie et le social. A Davos, la "globalisation responsable" et le partenariat public-privé ont fait leur apparition. Les patrons ont pris conscience que la "prospérité et la sécurité", thème du Forum, ont un lien direct avec la bonne marche de leurs entreprises, menacées notamment par les ravages du sida.

    "Nous avons créé le Global business coalition pour inciter les entreprises à verser de l'argent au Fond mondial du sida, mais également à investir directement dans les infrastructures", explique le secrétaire d'Etat américain à la santé, Tommy Thompson. Cette organisation, présidée par l'ancien ambassadeur américain à l'ONU, Richard Holbrooke, rassemble environ 130 entreprises du monde entier, dont Coca-Cola, Nike, Total, Daimler, l'Oréal et Lafarge. "Un partenariat entre la société civile, les gouvernements et les entreprises est indispensable pour lutter contre le sida", dit Mark Moody-Stuart, patron du géant minier sud-africain Anglo-American.

    "L'argent est là, le prix des rétroviraux ont baissé, mais nous n'avons pas les moyens de livrer les médicaments aux gens qui en ont besoin", a assuré Bill Gates, pour qui la lutte contre le sida est "une véritable guerre". Le président de Microsoft a annoncé, au côté de Mark Malloch-Brown, le patron du PNUD, que sa compagnie allait donner 1 milliard de dollars sur cinq ans en argent et en matériel informatique aux pays en développement. Bill Clinton, un fidèle de Davos, a mis en garde les "global leaders" contre l'éparpillement de leurs efforts. "Pour qu'elles soient durables, les initiatives doivent être systématisées", a-t-il dit.

    Cette évolution du Forum économique vers des préoccupations exprimées par les altermondialistes a été soulignée par la présence à Davos de quatre célèbres pourfendeurs de la mondialisation libérale : Mary Robinson, ex-haut commissaire aux droits de l'homme, le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, le recteur de l'université de Delhi, Deepak Nayyar, et le directeur général du BIT (Bureau international du travail), Juan Somavia, ont fait le "trait d'union" entre Bombay et Davos. Pour eux l'"axe du mal" est la pauvreté, le sida et la guerre.

    "Il existe deux visions de la prospérité", explique M. Somavia, "là-bas, la prospérité, c'est le prochain repas ; ici c'est la croissance économique ; là-bas, la sécurité veut dire avoir un emploi, ici c'et le terrorisme". Mary Robinson ne se fait pas trop d'illusions sur les changements de Davos. "Ce qui me préoccupe, dit-elle, c'est l'accumulation de tant pouvoir dans si peu de mains."

    Afsane Bassir Pour et Babette Stern

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 27.01.04

    Posted by Francis Pisani at 02:57 PM | Comments (0)

    January 21, 2004

    "No future" for France says a report on its Universities

    A report written by two economists and whose content is presented by Le Monde states that the situation of French Universities is so dire that it paralyzes the growth of the country. It is due both to the lack of adequate funding (1.1% of GDP vs. 2.3% in the U.S.) and to a bad organization of the system. "Today's France has no future," commented Elie Cohen, one of the authors of the report.

    The authors make an interesting distinction between "countries of imitation" (like France) and "countries of innovation" (like the US, Finland or Denmark). They show that good primary schools and high-schools form people able to adopt technologies invented elsewhere while Universities hold the key to innovation and growth in productivity.

    This new document is only the latest argument for the growing body of analysts for whom France has entered a period of crisis and shows no capacity to adapt to changing times: a typical feature of French history that has lead to some of its cyclic upheavals.

    Le Monde - Le système français d'enseignement supérieur handicape la croissance, selon deux chercheurs

    Le système français d'enseignement supérieur handicape la croissance, selon deux chercheurs
    LE MONDE | 20.01.04 | 13h52
    Un rapport du Conseil d'analyse économique démontre que la France a privilégié l'enseignement primaire et secondaire, comme les "pays imitateurs", quand seule l'innovation porte la croissance.
    L'économie française a "décroché" et elle ne saurait retrouver une croissance revigorée avec le système d'enseignement supérieur qui est le sien : Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, et Philippe Aghion, professeur à l'université Harvard, sont formels. Les deux auteurs ne cachent pas leurs inquiétudes dans le rapport Education et croissance qu'ils ont réalisé pour le Conseil d'analyse économique (CAE), qui rassemble des économistes de tous bords autour du premier ministre, et qui devait être rendu public mardi 20 janvier.

    A l'heure où la réforme de l'université a été ajournée sine die par le gouvernement et où les moyens consacrés à la recherche souffrent des restrictions budgétaires, il est pourtant urgent d'agir, estiment MM. Cohen et Aghion, si on veut éviter un "scénario catastrophe" : "difficultés de recrutement ; désertion de l'université française par les meilleurs chercheurs ; attirés par le secteur privé ou l'étranger, suivis de près par leurs meilleurs étudiants ; baisse continue du niveau. L'université, non sélective, ne serait plus alors qu'une voie de garage où ne s'agglutineraient plus que les mauvais bacheliers".

    "La France d'aujourd'hui n'a aucun avenir. Nicolas Baverez a raison", assène M. Cohen. Pour lui, comme pour son coauteur, la France d'aujourd'hui est un "pays d'imitation", dont la croissance dépend d'abord de l'utilisation de technologies inventées ailleurs. Mais, compte tenu de ses "structures sociales, elle n'a pas les moyens de lutter avec la Chine" et se condamne à mourir, estime M. Cohen. Pour survivre, elle doit donc rejoindre le club de ce que les deux économistes appellent les "pays d'innovation", où l'innovation "tend à devenir le principal moteur de la croissance", comme les Etats-Unis, la Finlande, la Suède ou le Danemark.

    Seulement voilà, l'innovation est très dépendante de la qualité de l'enseignement supérieur et de la recherche d'un pays. Et ces derniers, en France, ne sont pas à la hauteur. Ils interdisent cette métamorphose, de l'imitation à l'innovation. Et empêchent donc, de ce fait, la croissance française de décoller. Car - et c'est là la grande originalité de leur travail -, MM. Cohen et Aghion montrent que l'éducation est créatrice de croissance, dans une proportion qui dépend à la fois de la manière dont elle est organisée, des moyens qui y sont affectés mais aussi du degré de développement du pays.

    Leur théorie, qu'ils valident par de nombreux résultats empiriques, est la suivante : pour les pays d'imitation, les enseignements primaire et secondaire sont primordiaux, alors que pour les pays d'innovation, c'est l'enseignement supérieur qui est moteur.

    Une économie d'imitation doit assurer une large alphabétisation de la population qui peut ainsi s'approprier les outils techniques et productifs qui viennent d'ailleurs. Tel est le rôle du primaire et du secondaire. "Un système privilégiant le supérieur est plus à même de stimuler la croissance lorsque l'économie devient suffisamment proche de la frontière technologique", définie par le modèle américain, poursuivent MM. Cohen et Aghion.

    Où se situe la France aujourd'hui ? Entre 1945 et 1970, elle a réussi à réduire son retard de productivité par rapport aux Etats-Unis, notamment "parce que son système primaire et secondaire a accru sa capacité à assimiler les techniques déjà appliquées aux Etats-Unis". Mais petit à petit, l'importance de l'innovation comme source de croissance s'est accrue, un phénomène renforcé par l'émergence des technologies de l'information. A la fin des années 1970, estiment les auteurs du rapport, la France aurait franchi "le cap où l'efficacité de l'investissement dans l'enseignement supérieur devenait supérieur à celle de l'investissement dans l'enseignement secondaire".

    Mais tel n'a justement pas été le choix des pouvoirs publics, qui ont continué à privilégier le secondaire, avec comme objectif d'amener 80 % d'une classe d'âge au bac. Un élève du secondaire coûte 36 % de plus en France qu'en moyenne dans l'OCDE alors qu'un élève de l'enseignement supérieur coûte 11 % de moins en France que dans la moyenne de l'OCDE. Rapportées au PIB de 1999, les dépenses d'éducation pour le supérieur représentaient 1,1 % (1 % en investissements publics, 0,1 % en privés) en France et 2,3 % aux Etats-Unis (1,1 % en investissements publics, 1,2 % en investissements privés).

    Il faut "un effort vigoureux et des moyens nouveaux significatifs", concluent MM. Cohen et Aghion. Mais ce n'est pas qu'une question d'argent. "Les traits institutionnels propres à notre enseignement supérieur créent des difficultés supplémentaires. Notre système souffre en effet de la double coupure entre universités et grandes écoles d'une part, formation et recherche d'autre part", nuancent-ils cependant.

    Dans ce contexte, en termes d'innovation, la position française, mesurée par le nombre de brevets déposés ou encore l'impact de ses publications scientifiques, se détériore. Une dégradation qui va de pair, pour les auteurs, avec celle de la productivité française : depuis dix ans, le PIB par employé a perdu environ 10 % en termes relatifs par rapport à celui des Etats-Unis, du Japon, de l'Allemagne et du Royaume-Uni.

    "La conclusion logique de notre diagnostic serait qu'il faut mettre à terre le système d'enseignement supérieur français. Et en reconstruire un nouveau", reconnaît Elie Cohen. Mais ce n'est pas ce que proposent les deux économistes dans leur rapport. "L'échec de la réforme Allègre est là pour nous rappeler qu'une réforme globale est d'autant plus impossible qu'elle est audacieuse ou au moins présentée comme telle", expliquent les auteurs, qui renoncent donc à puiser dans la "boîte à outils de la réforme radicale" (sélection, différenciation salariale, autonomie des universités, suppression du CNRS pour intégrer la formation et la recherche, université payante...).

    MM. Cohen et Aghion proposent donc d'accorder des moyens supplémentaires à l'enseignement supérieur, à hauteur de 0,5 % du PIB, mais de manière ciblée, sur "des petits dispositifs qui permettront sans trop provoquer de remous d'introduire de vraies évolutions dans le système actuel". Procéder par création, donc, sans supprimer ce qui existe déjà. En espérant que les innovations se propagent...

    Virginie Malingre

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.01.04

    Posted by Francis Pisani at 08:45 AM | Comments (2)