This is an article on how the French perceive the American view of the enlargement... Mixed feelings. The basic idea is that Washington hopes the new members will make the EU more pro-american. Some neocons, though, believe that a bigger Europe will slowly drift away, and be more independent.
According to a European observer in Washington, the Americans "don't understand the European Union." It looks too much like NATO. Anyway, they are too busy dealing with Iraq and the coming presidential election.
Le MOnde - L'Amérique espère que l'Union à 25 penchera du côté de la "nouvelle Europe"
L'Amérique espère que l'Union à 25 penchera du côté de la "nouvelle Europe"
LE MONDE | 28.04.04 | 14h28
A Washington, on compte sur les dix Etats adhérents pour "atlanticiser" l'UE. A l'inverse, certains "néoconservateurs" craignent que celle-ci ne s'éloigne, avec le temps, des Etats-Unis.
Washington de notre correspondant
S'ils n'étaient pas accaparés par l'Irak, le Proche-Orient et l'élection présidentielle de novembre, les responsables américains s'intéresseraient sûrement à l'entrée de dix nouveaux pays dans l'Union européenne. Mais, dans le contexte des dernières semaines, l'événement a les plus grandes chances de passer inaperçu outre-Atlantique, même si la délégation de l'UE à Washington a été contactée par plusieurs magazines à la recherche d'informations sur la "nouvelle Europe".
Pourtant, vu de la capitale américaine, l'élargissement est favorable aux intérêts des Etats-Unis. "Traditionnellement, nous soutenons l'extension de l'UE", rappelle Philip Gordon, un ancien de l'administration Clinton qui dirige le Centre d'études sur les Etats-Unis et l'Europe à la Brookings Institution, un des grands think tanks (groupes de réflexion) de Washington. "Les nouveaux membres modernisent leurs économies sans que cela ne nous coûte rien, explique-t-il. Les mauvais côtés - fonds structurels, problèmes d'immigration - ne sont pas pour nous. Et nous pouvons espérer que l'élargissement aura pour effet d'"atlanticiser" l'UE." Jacqueline Grapin, qui préside l'Institut européen de Washington, confirme que les Etats-Unis "comptent beaucoup sur la "nouvelle Europe" pour garder l'UE dans le giron américain".
L'expression "nouvelle Europe" a été lancée par Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la défense, en janvier 2003. Au plus fort de l'opposition de la France et de l'Allemagne aux visées de George Bush sur l'Irak, M. Rumsfeld avait qualifié ces deux nations de "vieille Europe" et fait l'éloge des pays d'Europe centrale et orientale, en instance d'intégration dans l'UE et qui, eux, soutenaient Washington. Jacques Chirac avait répondu que ces pays avaient "perdu une occasion de se taire" en prenant position pour les Etats-Unis.
Fin mai 2003, à Cracovie (Pologne), M. Bush s'était insurgé contre les propos du président français. Ces pays n'ont pas fait tout ce chemin, à travers occupations, dictatures et révoltes, pour s'entendre dire qu'ils devaient "choisir, maintenant, entre l'Europe et l'Amérique", avait déclaré le chef de la Maison Blanche.
Cinq des nouveaux membres - l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la Slovénie - ont été accueillis en grande pompe, le 29 mars, à Washington, dans les rangs de l'OTAN, un mois avant leur intégration dans l'UE. La Hongrie, la Pologne et la République tchèque font partie de l'Alliance depuis 1999. Les Etats-Unis font déjà campagne pour que la Bulgarie et la Roumanie, les deux autres nouveaux partenaires de l'OTAN, soient admises, à leur tour, dans l'UE. "Pour les Américains, l'UE, c'est un peu comme l'OTAN. Ils ne comprennent pas ce que signifie l'Union européenne", estime Mme Grapin. Certains, pourtant, s'inquiètent. Marian Tupy, un économiste slovaque qui suit les questions européennes au Cato Institute, fondation ultralibérale, raille les néoconservateurs de l'American Enterprise Institute, pour qui, dit-il, "tout ce qui renforce l'Europe est mauvais pour l'Amérique". En fait, les avis sont partagés. Certains font le pari que, plus l'UE s'étend, moins elle s'approfondit, et que cela complique la formation d'un contrepoids politique à la puissance américaine. D'autres estiment, au contraire, que l'élargissement ne peut qu'accroître la puissance européenne, et que les nouveaux adhérents, pour atlantistes qu'ils soient aujourd'hui, s'éloigneront inévitablement, avec le temps, de Washington.
Aux yeux de Jacqueline Grapin, c'est là une "position intellectuelle". Pour le moment, la réalité est que les pays d'Europe centrale et orientale "sont proches des Etats-Unis" et comptent sur eux pour leur sécurité, face à une Russie dont ils ont peur. Ils n'entreront donc jamais dans une stratégie qui aurait pour effet d'affaiblir l'Amérique. Aussi un responsable du département d'Etat peut-il affirmer, dans un entretien officieux, que les Etats-Unis considèrent l'Union européenne élargie comme leur "partenaire primaire" et n'ont "pas le moindre désaccord avec son existence"...
"Plus d'Europe ne signifie pas moins d'Etats-Unis", a assuré Anthony Wayne, un des adjoints du secrétaire d'Etat, dans un discours prononcé à Graz (Autriche), le 2 avril, au sujet de l'élargissement. Ce jugement, pourtant, ne se vérifie pas à 100 %. Ainsi, Washington s'est efforcé d'obtenir des nouveaux membres qu'ils signent, au préalable, des accords afin d'exempter les Américains de poursuites éventuelles devant la Cour pénale internationale (CPI). L'échec a été complet. Plus facile : l'application par ces pays du tarif extérieur commun et de la politique agricole commune aura des conséquences pour les exportateurs américains, qui demandent des compensations à l'UE. Ils devraient les obtenir.
Patrick Jarreau
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.04.04
Posted by Francis Pisani at May 4, 2004 09:30 AM