March 16, 2004

In Europe, the tone is changing

According to this article published in Le Monde, the impact of Aznar's defeat is much wider than the loss of an ally for Bush.

  • The tone has changed in Europe as can be illustrated by several quotes including one from the French Foreign Affairs Minister, Dominique de Villepin, who now clearly qualifies the war in Iraq as a "mistake and an error." Differences were known. They are voiced more clearly.
  • Romano Prodi, President of the European Commission declared: "Terrorism, that the war in Iraq was supposed to stop, is now more powerful than ever."
  • The staunchest US allies have not reacted very powerfully, except to condemn the Spanish voters for their lack of determination (this has drawn virulent reactions from other quarters). Silivio Berlusconi, the Italian Prime Minister is in a very difficult position. Not threatened by any election in the short term, Tony Blair's situation is weaker too. He might be tempted to follow on his recent effort to increase his ties with France and Germany.
  • On the ground, it will be more difficult to count with the participation of more NATO troops in Iraq, an issue which should be discussed in Istanbul in June, and that might matter for the November election in the U.S.

    Many stories show that those who favor "Old Europe," and the space for an independent voice might come out stronger. We should not forget though that this happens at a moment of high emotion, and should wait until it translates in a different policy.

    Le Monde - Sous le choc des attentats, l'Europe reconsidère sa relation avec Washington

    Sous le choc des attentats, l'Europe reconsidère sa relation avec Washington

    LE MONDE | 16.03.04 | 14h24
    En écho aux propos de José Luis Rodriguez Zapatero sur le "désastre" de la guerre en Irak, des diplomates européens s'en prennent à la politique étrangère menée par les Etats-Unis depuis plus d'un an. La mécanique atlantiste de Blair-Aznar-Berlusconi s'est cassée
    L'europe en quelques jours a changé. Les attentats du 11 mars ont ébranlé tout le continent. Les événements qui ont suivi à Madrid modifient d'ores et déjà de façon irréversible l'équilibre des relations euro-américaines. George Bush a perdu beaucoup plus que le soutien indéfectible dont le gratifiait José Maria Aznar. Dès lundi, les langues se sont déliées.

    En écho à José Luis Rodriguez Zapatero déclarant que "la guerre en Irak a été un désastre et -que- l'occupation continue d'être un désastre", le ministre français des affaires étrangères s'est totalement départi de sa retenue de langage habituelle. "La guerre en Irak était une erreur, je dirais même une faute, a déclaré lundi matin Dominique de Villepin. Nous ne pouvons pas ne pas voir qu'il y a aujourd'hui deux foyers qui nourrissent le terrorisme dans le monde : le premier, c'est la crise au Proche-Orient, et le deuxième, c'est l'Irak."

    Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, n'a pas été moins direct dans l'interview qu'il a donnée lundi à La Stampa. "Cela se passe en Irak comme au dehors. Istanbul, Moscou, Madrid. Le terrorisme que la guerre en Irak était censée faire cesser est infiniment plus puissant aujourd'hui qu'il y a un an", dit-il. On ne saurait être plus clair, à moins d'enfoncer le clou, comme l'a fait M. Zapatero, qui a invité lundi George Bush et Tony Blair à "faire leur autocritique".

    Des dirigeants européens osent donc qualifier d'échec la politique étrangère menée par Washington depuis plus d'un an. MM. de Villepin et Prodi n'ont certes jamais été partisans de cette politique. Ils l'ont ouvertement combattue à ses débuts puis discutée pied à pied au fil des mois. Mais le ton a changé et l'heure du bilan a sonné.

    La garde atlantiste en Europe s'est moyennement mobilisée. Une partie de la presse britannique s'est érigée contre l'idée que des terroristes puissent dicter le verdict des urnes dans un pays européen. Le ministre britannique des affaires étrangères, Jack Straw, a cru devoir rappeler à ses partenaires de l'Union que nul ne se protège du terrorisme islamiste en s'opposant à la guerre en Irak. Mais les électeurs espagnols sont moins soupçonnables que quiconque d'avoir cédé au terrorisme.

    Quelques gouvernements européens, membres de la coalition en Irak - la Pologne, le Danemark, la Grande-Bretagne -, ont fait savoir dès lundi que la défection annoncée de l'Espagne ne remettrait pas en cause leur propre engagement militaire sur le terrain. Mais, outre que leur opinion publique n'est pas forcément du même avis, la question pour Washington n'est pas seulement celle du maintien des effectifs actuels en Irak. C'est celle de la relève des troupes américaines, que George Bush souhaite rapatrier en temps voulu pour en tirer un bénéfice électoral.

    La relève au moins partielle par l'OTAN était au menu du sommet que l'Alliance atlantique doit tenir fin juin à Istanbul. Qui pourrait répondre à l'appel ? Le ministre allemand des affaires étrangères, Jochka Fischer, a longuement expliqué, dans un discours à Munich le mois dernier, que c'était une mauvaise idée. L'Allemagne ne s'y opposera pas mais, même dans ce cadre, elle n'enverra aucun soldat en Irak. Les Britanniques ne peuvent guère faire plus que ce qu'ils font déjà. José Maria Aznar ne sera plus là pour suggérer une "assistance technique" de l'OTAN qui aurait pu introduire cette dernière en Irak.

    Par la voix de Dominique de Villepin, la France fait savoir depuis des semaines qu'elle mettra "des conditions" à une telle extension du rôle de l'OTAN en Irak et laisse entendre qu'elle n'en serait pas. Les "conditions"que le ministre des affaires étrangères français avait répétées après son dernier entretien avec Colin Powell, début février, ce serait qu'"un gouvernement irakien pleinement souverain en fasse la demande" et que le Conseil de sécurité de l'ONU en décide. "La question n'est pas d'actualité pour le moment", avait dit alors Dominique de Villepin. Elle l'est de moins en moins.

    "PÉCHÉ ORIGINEL"

    Depuis, le ministre a expliqué les doutes de la France sur l'opportunité politique d'un tel transfert à l'OTAN. Cela aiderait-il ou cela aggraverait-il la situation sur place, demande-t-il ? Contrairement à l'Afghanistan - où on manque déjà de volontaires pour la prochaine relève -, la présence de troupes étrangères en Irak est pour l'instant frappée d'une sorte de "péché originel", explique un proche du ministre.

    L'ONU est-elle prête à s'engager en Irak ? Serait-elle prête à mandater l'OTAN ? Un gouvernement irakien véritablement souverain verra-t-il vraiment le jour en Irak au 30 juin ? De tout cela, on doute fort à Paris.

    Les attentats de Madrid ont fait que désormais on en doute fortement ailleurs aussi. La mécanique atlantiste de Blair-Aznar-Berlusconi s'est cassée. D'une certaine manière, la "nouvelle Europe" de Donald Rumsfeld a rendu l'âme en gare d'Atocha, le 11 mars. Restent, pour les Européens, l'urgence sécuritaire et la nécessité d'imaginer une suite en Irak, après le 30 juin comme le dit le calendrier officiel américain, ou plus probablement après les élections présidentielles américaines de novembre.

    La Maison Blanche a laissé paraître, vendredi, un manifeste énervement en demandant à John Kerry de citer nommément ses alliés dans le monde s'il en a. George Bush n'en a plus guère de fiables pour l'instant en Europe.

    Claire Tréan

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.03.04

    Posted by Francis Pisani at March 16, 2004 10:50 AM
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