The right of center Dutch Government decided to limit the intake of migrants coming from the 10 new members of the EU. The fear of a huge flow of immigrants runs high among today's members. Some countries, like the UK and Ireland are in favor of a free flow while Finland, Belgium and others want a certain control.
In this story we learn that the right favors the free circulation of labor. 19% of the population of the Netetherlands was born elsewhere (mainly Turkey, Marocco and the Caribbean). Migrants who will be sent back to their countries of origin will receive a plane ticket and a certain amount of money.
Le Monde - Les Pays-Bas limitent l'entrée des travailleurs européens
Les Pays-Bas limitent l'entrée des travailleurs européens
LE MONDE | 27.01.04 | 13h17 • MIS A JOUR LE 27.01.04 | 13h40
Le gouvernement de centre-droit a fixé à 22 000 maximum le nombre de ressortissants des dix nouveaux Etats membres de l'UE qui seront autorisés à s'installer dans le royaume. Cette "soupape de sécurité" vise d'abord les ouvriers polonais.
Après des mois de discussions, le gouvernement néerlandais a décidé, vendredi 23 janvier, de limiter à 22 000 au maximum le nombre de travailleurs issus des dix nouveaux Etats membres de l'Union européenne (UE) qui pourront s'installer dans le royaume. "Il ne s'agit pas de poissons et nous ne parlons donc pas de quotas" a indiqué, non sans une certaine hypocrisie, Laurens Jan Brinkhorst, le ministre des affaires économiques du gouvernement de centre-droit dirigé par Jan Peter Balkenende.
M. Brinkhorst, membre du parti D 66 (libéral réformateur) affirme aussi que la libre-circulation des travailleurs, principe de base du marché intérieur européen, s'appliquera bel et bien aux ressortissants des dix pays qui intègreront l'Union le 1er mai. Le ministre était auparavant défavorable à cette mesure de limitation, réclamée en revanche par son collègue Gerrit Zalm, ministre des affaires économiques (VVD, libéral), qui avait évoqué le risque de voir les frontières néerlandaises "submergées" par un nouvel afflux de travailleurs étrangers.
Aujourd'hui le gouvernement de La Haye affirme seulement avoir installé une "soupape de sécurité" et il évite de parler ouvertement de sa véritable intention : se prémunir contre l'arrivée massive d'ouvriers polonais sur un marché de travail dont la situation s'est fortement détériorée au cours des derniers mois. Le taux de chômage atteint 5,5 % aujourd'hui alors qu'il n'a pas dépassé 3 % ces dix dernières années. Le Bureau central du Plan (CPB) a ajouté à la crainte des dirigeants en estimant que, faute de mesures de limitation, de 5 000 à 10 000 travailleurs d'Europe centrale et orientale tenteraient de s'installer chaque année aux Pays-Bas.
CONTRÔLE TEMPORAIRE
Cela a achevé de convaincre le premier ministre, qui avait rejeté antérieurement toute idée de "quotas" pour les nouveaux Etats membres de l'Union. D'abord calquée sur la position de la Grande-Bretagne, l'Irlande ou la Suède, hostiles à toute mesure de limitation, l'attitude de M. Balkenende est désormais proche de celle de la Belgique, l'Espagne, la Grèce et la Finlande, favorables à une politique temporaire de contrôle, afin de ne pas déstabiliser les marchés nationaux du travail, conformément à des dispositions négociées entre les Quinze et qui promettent d'être appliquées de manière inégale selon les pays.
La mesure décidée aux Pays-Bas sera appliquée, en principe, pendant deux ans, avant d'être éventuellement corrigée. D'ici là, les ressortissants des nouveaux Etats membres devront réclamer un permis de travail qui leur sera accordé sans condition, sauf si le quota de 22 000 travailleurs était atteint. Quelque 10 000 travailleurs saisonniers sont déjà recrutés chaque année, notamment par le secteur horticole. A l'heure actuelle, les ressortissants de pays non européens qui espèrent obtenir un permis ne se le voient octroyé que si un "besoin réel" de travailleurs étrangers est démontré.
Si le gouvernement est, comme l'opposition, divisé sur la politique à suivre, des organisations patronales se déclarent, à l'instar des courants les plus libéraux, hostiles à la mesure adoptée la semaine dernière, que l'une d'elles dépeint comme "un compromis typiquement politicien". Pour le groupement patronal VNO-NCW, la libre-circulation des travailleurs ne doit souffrir aucune restriction. "Nous avons besoin de ces travailleurs immigrés pour faire tourner l'économie", a expliqué un porte-parole de cette organisation. S'inspirant des chiffres du Bureau du plan, les patrons soulignent que l'accueil des nouveaux arrivants n'entraînera, à l'horizon 2006, qu'un surcoût annuel de 70 millions d'euros pour les dépenses publiques. Entre 2000 et 2002, les PME ont embauché plus de 60 000 travailleurs étrangers.
Le débat sur "l'immigration de travail" relance, en tout cas, la polémique sur la présence des étrangers dans le pays. Sur les 16 millions de Néerlandais quelque 19 % sont d'origine immigrée, essentiellement turque, marocaine et antillaise. Saluée récemment par une étude officielle, la capacité d'intégration de la société néerlandaise a pourtant été fortement remise en cause au cours des dernières années, notamment par le parti du tribun populiste, feu Pim Fortuyn - la LPF. Cette formation a pesé sur l'évolution politique du royaume, le gouvernement Balkenende prônant une politique plus dure en matière de droit d'asile. En même temps qu'il annonçait, la semaine dernière, sa décision pour les travailleurs des nouveaux Etats membres de l'UE, le gouvernement indiquait qu'il procèderait à l'éloignement de quelque 26 000 demandeurs d'asile d'ici à 2007. La situation de 2 300 demandeurs devrait, en revanche, être prochainement régularisée en vertu d'une mesure d'amnistie.
Les personnes devant être expulsées se verront offrir un billet d'avion et une somme d'argent, dont le montant n'est pas déterminé, pour se réinstaller dans leur pays d'origine. En l'attente, elles pourront intégrer des "centres de départ" a indiqué le ministère de l'immigration. Quelque 13 000 demandes d'asile ont été enregistrées en 2003, ce qui marque une forte diminution : 19 000 demandes avaient été introduites en 2002 et 32 000 en 2001.
Jean-Pierre Stroobants
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.01.04
Posted by Francis Pisani at February 15, 2004 08:47 PM