January 26, 2004

Cheney, follow-up on "comparative media"

Le Monde agrees on the "conciliatory tone" of Dick Cheney's speach at Davos. Less anti-American than last year, the participants were, according to the French newspaper, prone to "impotence and resignation". Rather than analyzing in depth the Vice-President of the United States intentions, the journalists quote four famous crtiques of globalization who, from the World Economic Forum, suggested interesting links with the Mumbai World Social Forum.

Beyond "tone", and biases of different kinds our "comparative media studies" exercice raises more trivial issues that cannot be ignored: the fact that French newspapers are not published on Sunday, for instance, or some problems of translation like "libéralisation", and "altermondialistes".

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Le Monde - Au Forum de Davos, Dick Cheney tente de réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde

World Social Forum, India

Au Forum de Davos, Dick Cheney tente de réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde
LE MONDE | 26.01.04 | 16h16
Davos (Suisse) de nos envoyées spéciales

Le Forum économique mondial qui s'est achevé dimanche 25 janvier à Davos, a tenté la carte de la réconciliation : les Etats-Unis avec le reste du monde, l'Islam avec l'Occident, l'économique avec le social, le public avec le privé. Le bilan est mitigé. Après le mauvais accueil reçu en 2003, les Américains ont voulu renouer avec leurs partenaires des liens mis à mal par la guerre en Irak.

Le ministre américain de la justice, John Ashcroft, a ainsi affirmé que l'Amérique "n'était pas un agresseur" et qu'elle ne "cherchait pas à se tailler un empire". De son côté, le vice-président américain, Dick Cheney, a exhorté les grandes démocraties à se joindre à la guerre contre le terrorisme. "La coopération entre nos gouvernements, ainsi que des institutions internationales plus efficaces ont plus d'importance aujourd'hui que par le passé", a-t-il déclaré.

Dans un discours présenté comme réconciliateur, le vice-président a décrit la vision américaine du monde. "Notre choix n'est pas un monde unipolaire ou multipolaire mais un monde libre et démocratique", a-t-il assuré avant d'ajouter : "Quand la diplomatie échoue, on doit être prêt à prendre nos responsabilités et à utiliser la force."

Dick Cheney a souhaité une Europe "la plus forte possible", c'est-à-dire une Europe "capable de déployer plus de troupes" dans le cadre de l'OTAN. Il a appelé les Européens "à soutenir les réformes démocratiques en Iran" ainsi que "les aspirations européennes de la Turquie".

"Il faut connaître Dick Cheney pour comprendre qu'il s'agit d'un discours modéré", commentait le sénateur démocrate Joseph Biden. Dans les couloirs du Forum, on restait perplexe sur la réelle volonté de rapprochement des Etats-Unis, telle qu'énoncée par deux des personnalités les plus dures de l'administration Bush. L'humeur anti-américaine qui dominait l'année dernière ne s'est pas estompée, elle est seulement tempérée par un sentiment "d'impuissance et de résignation", selon un participant.

PASSERELLES

Le choix de mettre en présence Dick Cheney, le président iranien, Mohammad Khatami, qui fait partie de l'"axe du mal" et le président Pakistanais, Pervez Moucharraf, faisait partie de l'idée des organisateurs de créer des passerelles entre l'Islam et l'Occident. L'élite politique et économique a ainsi eu l'occasion d'entendre le premier s'exprimer sur "le dialogue entre civilisations" et de poser directement à M. Moucharraf des questions sur les attentats dont il a été victime.

Plusieurs débats ont été organisés où se sont confrontés des responsables politiques et religieux du monde arabo-musulman et judéo-chrétien. Le Forum a également mis en évidence le lien entre l'économie et le social. A Davos, la "globalisation responsable" et le partenariat public-privé ont fait leur apparition. Les patrons ont pris conscience que la "prospérité et la sécurité", thème du Forum, ont un lien direct avec la bonne marche de leurs entreprises, menacées notamment par les ravages du sida.

"Nous avons créé le Global business coalition pour inciter les entreprises à verser de l'argent au Fond mondial du sida, mais également à investir directement dans les infrastructures", explique le secrétaire d'Etat américain à la santé, Tommy Thompson. Cette organisation, présidée par l'ancien ambassadeur américain à l'ONU, Richard Holbrooke, rassemble environ 130 entreprises du monde entier, dont Coca-Cola, Nike, Total, Daimler, l'Oréal et Lafarge. "Un partenariat entre la société civile, les gouvernements et les entreprises est indispensable pour lutter contre le sida", dit Mark Moody-Stuart, patron du géant minier sud-africain Anglo-American.

"L'argent est là, le prix des rétroviraux ont baissé, mais nous n'avons pas les moyens de livrer les médicaments aux gens qui en ont besoin", a assuré Bill Gates, pour qui la lutte contre le sida est "une véritable guerre". Le président de Microsoft a annoncé, au côté de Mark Malloch-Brown, le patron du PNUD, que sa compagnie allait donner 1 milliard de dollars sur cinq ans en argent et en matériel informatique aux pays en développement. Bill Clinton, un fidèle de Davos, a mis en garde les "global leaders" contre l'éparpillement de leurs efforts. "Pour qu'elles soient durables, les initiatives doivent être systématisées", a-t-il dit.

Cette évolution du Forum économique vers des préoccupations exprimées par les altermondialistes a été soulignée par la présence à Davos de quatre célèbres pourfendeurs de la mondialisation libérale : Mary Robinson, ex-haut commissaire aux droits de l'homme, le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, le recteur de l'université de Delhi, Deepak Nayyar, et le directeur général du BIT (Bureau international du travail), Juan Somavia, ont fait le "trait d'union" entre Bombay et Davos. Pour eux l'"axe du mal" est la pauvreté, le sida et la guerre.

"Il existe deux visions de la prospérité", explique M. Somavia, "là-bas, la prospérité, c'est le prochain repas ; ici c'est la croissance économique ; là-bas, la sécurité veut dire avoir un emploi, ici c'et le terrorisme". Mary Robinson ne se fait pas trop d'illusions sur les changements de Davos. "Ce qui me préoccupe, dit-elle, c'est l'accumulation de tant pouvoir dans si peu de mains."

Afsane Bassir Pour et Babette Stern

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 27.01.04

Posted by Francis Pisani at January 26, 2004 02:57 PM
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